Petrole déversé après un « blow out » lors d’un forage en mer dans le golfe du Mexique
Mise en ligne le 22 juin 2010
2 juillet 2010 : Quelle solution ?
17 juillet : entretien avec un spécialiste des forages pétroliers
2 juillet 2010 :
Une tentative pour y voir plus clair.
Il ne faut pas attendre de la presse officielle qu’elle nous livre des enquêtes sérieuses sur cette marée noire du golfe du Mexique. J’ai personnellement tenté de me mettre en contact avec des personnes ayant une expérience dans le domaine des forages pétroliers, sans succès. Il me faut donc tenter de recueillir moi-même des informations sur ces techniques, en citant mes sources, avec le jeu inévitable des essais-erreurs.
Ce que les lecteurs attendent de moi, c’est que j’essaye d’en extraire quelques éléments, de manière vulgarisée. J’ai déjà émis une opinion personnelle sur la possibilité que le pétrole, ou du moins une grande partie des hydrocarbures trouvés dans les profondeurs de la Terre, ne soit pas d’origine biologique.
Certes, l’origine biologique de certains combustibles ne fait aucun doute, à commencer par la tourbe, qui se forme en quelques milliers d’années à partir de la décomposition de végétaux. On lit que si cette même tourbe est enfouie, soumise à une forte pression pendant un temps de l’ordre du million d’années, elle se transforme en charbon, avec son intermédiaire, la lignite.
24 juin 2010.
On peut en fait trouver de nombreux renseignements techniques sur la page anglophone de Wikipedia :
http://en.wikipedia.org/wiki/Deepwater_Horizon_explosion

La plateforme Deepwater Horizon, semi-submersible

Vue complète de ce monstre, pendant son transport

Après l’explosion survenue à bord le 20 avril 2010

Où se trouvait la plateforme au moment de l’accident
L’explosion s’est produite à 64 kilomètres au sud de la Louisiane. Elle a tué 11 ouvriers et en a sérieusement blessé 17 autres. La plateforme offshore a brûlé, puis a coulé. Ce type de plateforme a été conçu pour permettre des forages sur des fonds marins situés jusqu’à 2400 mètres de profondeur. La plateforme, positionnée automatiquement à partir de signaux émis par une balise située près de la tête de forage, est relativement insensible à l’état de la mer, compte tenu de la forte inertie de ses ballasts semi-submergés (qui servent aussi au stockage des hydrocarbures, moins denses que l’eau : 0,9 au lieu de 1), et est en principe capable d’opérer des forages jusqu’à 9000 mètres de profondeur. Fabriquée en Corée, elle a été acquise par la société Transocean, qui avait déjà réalisé un record mondial de forage offshore à la profondeur de 10 385 mètres, mesurée à partir du plancher océanique. La photo ci-dessus se réfère à un forage effectué sur un fond de 1500 mètres. On ignore jusqu’à quelle profondeur avait été effectué le forage (le chiffre officiel serait de 5000 mètres).
Quand la plateforme a sombré, le lien avec le fond a été rompu et le pétrole, jaillissant du conduit brisé, a commencé à se répandre dans les eaux du golfe du Mexique. À ce jour, cela constitue la plus grande catastrophe écologique subie par les États-Unis.
La partie de l’installation située au contact du fond marin (« wellhead », ou « tête de puits ») était équipée d’un dispositif BOP (blow out preventer) destiné à écraser le tube de forage au cas où des hydrocarbures feraient soudain irruption sous haute pression. Ces dispositifs peuvent être commandés depuis la plateforme ou activés automatiquement, à partir d’un signal acoustique détectant l’irruption d’hydrocarbures.
Dispositif BOP italien
On ne sait pas si ces sécurités étaient opérationnelles au moment de l’accident.
Ce que les médias nous ont montré, ce sont les tentatives infructueuses de robots sous-marins (ROV, remotely operated vehicles) de manœuvrer « manuellement » les dispositifs de coupure du flux d’hydrocarbures, par écrasement du tube de forage (des tentatives jugées dérisoires et « médiatiques », étant donné la disproportion entre ces BOP et les pinces de robots).

La taille de ces engins
L’écrasement peut être effectué soit par pincement, soit par serrage d’un dispositif auto-serrant évoquant les diaphragmes des appareils photo. En principe, ils sont capables de contenir des pressions allant de 300 à 1000 bars et doivent être testés toutes les deux semaines.
À la fin mars 2010, la chaîne CBS, dans son magazine 60 Minutes, a évoqué des dysfonctionnements du dispositif de sécurité BOP équipé sur la tête de puits. Dans l’article, des mesures ont été prises, mais
Un communiqué du comité de l’Énergie et du Commerce de la Chambre des représentants en juin 2010 a noté que, dans plusieurs cas précédant l’explosion, BP aurait choisi des procédures plus risquées afin de gagner du temps ou de l’argent, parfois contre l’avis de son personnel ou de ses sous-traitants.
« BP a opté pour des procédures plus risquées pour gagner du temps et faire des économies. »
D’après des témoins, ce qui s’est produit le 20 avril 2010 serait un blowout typique, avec remontée brusque d’une bulle de méthane, qui se serait enflammée en surface (au contact avec un moteur). Le méthane a la même densité que l’air et ne peut donc s’échapper en montant. L’article mentionné évoque l’obturation d’un puits par une explosion nucléaire, réalisée en URSS en 1966, avec un engin de 30 kilotonnes, descendu à 6 kilomètres de profondeur, et logé à 25 à 50 mètres du puits. La méthode aurait été mise en œuvre avec un engin spécialement conçu à cet effet, après avoir dû laisser le gaz brûler à l’air libre pendant des années. Voir plus bas dans la page.
Un des témoins dit avoir entendu quelqu’un hurler : « Êtes-vous content ? Dites, êtes-vous content ? Je vous avais dit que tout ceci allait arriver ! »
Le feu a rapidement envahi toute la plateforme, qui a sombré deux jours après. Ce qui a brûlé : les installations de surface, mais aussi le pétrole contenu dans les flotteurs. Les survivants, conduits à terre, auraient été coupés de toute presse et de leur famille, tenus enfermés dans un hôtel, et n’auraient été relâchés qu’après que la compagnie Transocean leur ait fait signer un papier, ce que nie la compagnie.
Un organe de presse consciencieux pourrait s’y référer et tirer de tout cela un article donnant les grandes lignes du problème. De même, comme beaucoup d’articles de Wikipedia-France sont de simples traductions des papiers-sources, composés en anglais, cela serait bien si un « Wikipédien » francophone pouvait installer la traduction en français de cette page.
Étant « banni à vie » de Wikipedia depuis des années, pour avoir révélé l’identité d’un crétin, je ne puis le faire.
Mais les sujets traités par la presse française sont les suites du comportement des joueurs français au Mondial de foot, ou le futur mariage d’Albert de Monaco. Sont-ce réellement là les sujets d’intérêt principal des Hexagoniens ?
Je reprends ce que j’avais mis en ligne hier, dans une autre page :
21 juin 2010 :
Apparemment, dans le golfe du Mexique, ça ne s’arrange pas. Alex Jones a interviewé un bonhomme qui prétend tirer ses tuyaux directement de gens travaillant à BP, à British Petroleum (à propos, si vous avez des actions, vendez tout. Heureusement, moi je n’en ai pas).
Vous avez peut-être suivi l’interview de Lindsey Williams par Alex Jones :

Lindsay Williams, interviewé par Alex Jones
Ce qui émerge de cette interview, c’est que cette éruption sous-marine de pétrole serait due à un forage très profond (10 000 mètres, sous 1600 mètres d’eau). Ce type de forage, déjà opéré par les Russes jusqu’à 12 kilomètres de profondeur, mais à l’intérieur des terres, soulève le problème de l’origine du pétrole, à propos duquel je donnerai mon commentaire ci-après.
Selon Lindsay Williams, la tête de forage aurait été éjectée par une pression se situant entre une tonne et cinq tonnes par centimètre carré. Or nous n’avons pas de vanne de fermeture capable de tenir à des pressions allant de 1000 à 5000 bars.
En attendant des informations plus complètes, qui pour le moment sont savamment occultées par un discours abrutissant concernant le comportement de l’équipe de France au Mondial de foot, je ferai simplement la remarque suivante.
Dans l’univers, l’énergie de base est de nature gravitationnelle. C’est la force de gravité qui donne naissance aux étoiles, par instabilité gravitationnelle. Puis les proto-étoiles évacuent par rayonnement leur énergie de nature thermique. Enfin, les réactions de fusion (nucléosynthèse) s’amorcent, quand le cœur de l’étoile atteint 700 000 °C.
Cette nucléosynthèse produit des éléments qui vont jusqu’au fer, lequel s’accumule au cœur de l’étoile comme une « cendre ». Ce sont les étoiles massives (20 masses solaires) qui complètent la table de Mendeleïev de manière explosive : ces étoiles massives, en panne de carburant de fusion, « tombent sur elles-mêmes » à une vitesse défiant l’imagination. L’étoile massive s’effondre comme un soufflé. La vitesse de chute dote les atomes d’une énergie cinétique qui permet, lors de collisions, de nouvelles synthèses nucléaires, l’étoile explosant comme une étoile supernova.
Venons-en à la Terre. En son sein, des dépôts sédimentaires constituent des couches de calcaire. Un exemple de calcaire très primitif est celui qui fut utilisé pour construire les pyramides (sans leur revêtement). On y voit les fossiles de coquillages qui lui ont donné naissance et il est de si mauvaise qualité que les pilleurs de pierre de l’Antiquité l’ont laissé en place, se contentant d’emporter le parement de calcaire de Tourah.
Dans la croûte terrestre, un mécanisme fondamental est à l’œuvre qu’on nomme métamorphisme. Sous l’effet de la pression et avec beaucoup de temps, cela transforme, par exemple, le calcaire en marbre. Mais les roches composant l’écorce terrestre ne sont pas faites que de coquillages. Le métamorphisme est donc à l’œuvre partout, donnant naissance à d’autres structures.
Autre exemple de métamorphisme, agissant sur des dépôts d’origine biologique : la création de tourbe (après une macération de 1000 à 7000 ans). Là encore, suite à un enfouissement, sous l’effet de la pression et après un temps assez long, la tourbe va se transformer en lignite, puis cette lignite donnera du charbon. On chiffre la transformation de la tourbe en charbon à un million d’années. On notera que le phénomène accroît la qualité du combustible.
Cela fait quarante ans et plus qu’on pense qu’il existe dans la croûte terrestre du méthane et des hydrocarbures d’origine non biologique. En effet, des témoins ont maintes fois rapporté avoir senti l’odeur d’hydrocarbures lors d’éruptions volcaniques et détecté la présence de méthane. Dans ce cas, ceux-ci ne pouvaient provenir que de couches trop profondes pour que leur origine puisse être imputée à la décomposition d’une biomasse.
En toute logique, la pression et le temps doivent induire un phénomène de métamorphisme dans ces hydrocarbures primitifs (formule du méthane : CH₄), en les transformant en composés plus complexes et plus lourds. Des composés qui contiennent de l’énergie (fournie par la compression que subissent ces hydrocarbures). Ainsi, l’origine non biologique du pétrole ne me semble pas être une théorie farfelue. Certains vont même jusqu’à dire que les poches pétrolifères qu’on croyait épuisées, dans certaines régions du monde, se rempliraient avec un apport émanant de réserves situées en profondeur, le pétrole percolant à travers les roches ou sédiments.
Passons à l’origine de la fantastique pression évoquée par Lindsay Williams. Au passage, pourquoi le pétrole, en certaines régions du monde, avant de devoir être pompé, jaillit-il dès que la poche pétrolifère est atteinte ? Dans certains cas, il peut s’agir d’un phénomène de « puits artésien ».
Le nom de « puits artésien » vient du fait que le phénomène fut pour la première fois mis en évidence en Artois. À Paris, c’est le scientifique Arago qui fit creuser un puits de 548 mètres de profondeur, ce qui prit sept longues années, jusqu’à ce que l’eau jaillisse en plein Paris, simplement parce que le point où était effectué le forage était à une altitude inférieure à la surface de la nappe aquifère liée au bassin parisien, qui porte alors bien son nom.
Dans les vidéos, vous entendrez parler d’une « artesian pressure ». La pression qui amène les hydrocarbures à remonter a pour origine, classiquement, la différence de densité entre ceux-ci et les terrains qui les abritent. Un gisement d’hydrocarbures peut être assimilé à une éponge contenant du liquide (et/ou du gaz). Sur cette éponge s’appuie un matériau solide (dépôts sédimentaires ou roche). Si on perce ce manteau de roche, le pétrole jaillit. Mais, si le chiffre avancé par Lindsay Williams est exact, cette pression pourrait avoir une autre origine : tectonique, liée à des remaniements profonds de la croûte terrestre. Dans ce cas, les gens de BP ont joué à l’apprenti sorcier. En règle générale, les forages offshore profonds (combinant la profondeur du plancher océanique et celle du forage) sont des travaux d’apprentis sorciers.
De plus, quand on découvre comment les compagnies jouent avec les mesures de sécurité, pour faire des économies et accroître leurs profits, on serait tenté de les qualifier de « forages en eaux troubles ».
Mais pourquoi avoir opéré ces forages offshore ? Simplement parce que l’épaisseur de la croûte terrestre est plus faible sous les océans. Les gens de BP espéraient ainsi accéder aux couches profondes pétrolifères en creusant à des profondeurs moindres.
Hélas, ils ont peut-être gagné la timbale.
Je suis claqué. À 73 ans, on ne récupère pas comme à vingt ou quarante ans. Ma femme bataille toujours pour que l’impression de L’Ambre et le Verre, que j’avais imprudemment annoncée pour avril, se fasse dans des délais décents. Après vérification, certains lecteurs ont déjà envoyé des chèques de commande pour cet album, ou constitué un « compte lecteur », et celui-ci leur sera envoyé dès que nous l’aurons réceptionné. On ne peut pas rater cette première impression en couleur. Pour Fishbird, j’ai reçu 60 prépaiements.
1er juillet 2010 :
Bonne nouvelle : L’Ambre et le Verre est enfin sous presse. Les exemplaires seront chez moi fin juillet.
Je suis assailli par cette « information » concernant la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique, qui ne trouve apparemment que peu d’échos dans les médias officiels. J’ai regardé des journaux télévisés. Ce dessin résume le contenu :

L’information, en France :
Flash sur Sarkozy venant réconforter les victimes des inondations du Var. Un autocar se renverse, cinq morts. Mais sur la marée noire dans le golfe du Mexique, Gaza, rien.
On apprend également, en plein début de politique d’austérité, que Sarko I° vient de toucher son super jet privé, véritable rêve de mégalo. Un Airbus modifié à 176 millions d’euros. Il a fallu désosser complètement l’appareil pour modifier son aménagement intérieur. Soixante « fauteuils business » (fax, téléphone, internet accessible en vol, à 10 000 mètres d’altitude) et une grande salle de réunion remplacent les 324 sièges initiaux. Le président disposera d’une vaste chambre à coucher avec douche. La carlingue a été renforcée et l’appareil a été équipé de lanceurs anti-missiles infrarouges.
L’Élysée a renoncé à la garden party du 14 juillet (700 000 euros) pour faire des économies. Cela représente un demi pour cent du coût de cet appareil, dont le coût à l’heure de vol est de 20 000 euros, contre 7000 pour un jet plus modeste.
Quand on s’aime, on ne compte pas.
La démocratie est, étymologiquement, le gouvernement par le peuple. La ploutocratie est le gouvernement par les riches, l’oligarchie, le gouvernement par un petit nombre de gens, l’aristocratie, par les meilleurs. Un gouvernement sous le signe d’une pathocratie est un gouvernement par des malades (se rappeler le livre Ces malades qui nous gouvernent).
Je suggère d’introduire un nouveau mot : la conocratie, ou gouvernement par les cons. Quelqu’un devrait écrire Ces cons qui nous gouvernent.
Douze bateaux américains et israéliens viennent de franchir le canal de Suez, protégés par 2000 soldats égyptiens. Direction le golfe d’Aden, pour prendre position face à l’Iran. Deux sous-marins israéliens, armés de missiles de croisière, d’une portée de 1500 kilomètres et équipés de têtes nucléaires, ont également pris position.
Source : The Sunday Times du 30 mai dernier :
Les sous-marins israéliens (au nombre total