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Quel âge a l’univers ?
Il existe plusieurs méthodes pour évaluer l’âge de l’univers. La première consiste à se référer à la Bible, ce qui donne environ 5600 ans. Toutefois, la désintégration radioactive oblige à augmenter cette valeur.
La deuxième méthode, fondée sur la dynamique des amas globulaires, repose sur le fait qu’ils contiennent des étoiles primordiales, les plus anciennes de notre galaxie. Cette méthode sera décrite plus loin.
La troisième méthode repose sur certains modèles cosmologiques. On part alors d’une équation de champ. Einstein en avait formulé une (mais, comme évoqué dans une section précédente, Hilbert l’aurait éventuellement inventée en premier…).
(101) S = c T
À partir de cette équation (1915), Einstein tenta immédiatement de construire un modèle d’univers dans lequel la courbure pouvait être identifiée au contenu énergie-matière. Comme il ignorait que l’univers n’était pas stationnaire (comme évoqué plus haut), il chercha à construire un modèle d’état stationnaire. Il rencontra toutefois de nombreuses difficultés. Il se rendit alors chez le grand mathématicien français Élie Cartan, qui déclara :
- Mon cher ami, je pourrais vous suggérer de modifier votre équation de champ. Qu’en pensez-vous :
(102) S = c T – L g
où g est votre tenseur métrique et L une constante. Remarquez que votre équation conserve une forme tensorielle, est invariante par changement de coordonnées et à divergence nulle. N’est-ce pas élégant ?
-
Oui, merci beaucoup. Mais quelle pourrait bien être la signification physique de cette nouvelle constante « cosmologique » L ?
-
Mon bon ami, c’est votre problème, pas le mien. J’ai fait mon travail. Vous savez, je suis mathématicien, et non physicien…
Einstein fut troublé et inquiet. Il pensa que l’approximation newtonienne pourrait éclaircir le problème et apporter un éclaircissement sur la signification ontologique de cette mystérieuse constante.
Approximation newtonienne :
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Courbure spatiale faible, champ faible.
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Vitesse des corps bien inférieure à celle de la lumière c.
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Conditions quasi-stationnaires (par rapport au processus cosmique global : l’univers, dans son ensemble, est considéré comme « figé »).
Dans ce cas, la loi de Newton s’ajoute d’un terme correctif :
(103)
Ce terme correctif est proportionnel à la distance r. Il s’agit donc d’une force à longue portée, qui peut être attractive ou répulsive selon le signe arbitraire choisi pour L. En supposant que cette force soit répulsive, il devint possible de construire un univers stationnaire, ce que fit immédiatement Einstein : l’action répulsive mystérieuse du vide venait compenser la force newtonienne attractive normale.
Toutefois, ce modèle était assez instable : si son extension spatiale augmentait, la force newtonienne s’affaiblissait tandis que la répulsion du vide s’intensifiait, et vice versa. Einstein en fut donc plus préoccupé que jamais.
Puis deux nouvelles découvertes survinrent presque simultanément :
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Edwin Hubble découvrit l’expansion de l’univers.
-
Le pilote d’aviation russe Alexander Friedmann construisit une solution non stationnaire de l’équation de champ (101) (sans constante cosmologique nécessaire).
Einstein en fut bouleversé et déclara :
- Si j’avais su que l’univers n’était pas stationnaire, j’aurais trouvé cela avant Friedmann !
Si, comme le disaient les Lacedémoniens…
Alors la constante cosmologique tomba en désuétude, après un certain temps. Certains astrophysiciques élaborèrent des arguments visant à démontrer qu’elle devait nécessairement être nulle.
Comme cette constante correspond à une force répulsive n’agissant qu’à très grandes distances, elle ne modifie l’évolution de l’univers que dans une phase tardive, une seconde ère d’expansion.
La loi de Hubble affirme simplement (104)
La vitesse d’éloignement des galaxies est proportionnelle à leur décalage vers le rouge z.
Le coefficient de proportionnalité est appelé constante de Hubble, notée H₀.
Que représente z ?
Un atome stable, au laboratoire, peut émettre du rayonnement s’il est suffisamment chauffé (par exemple dans une flamme de Bunsen). Ce rayonnement correspond à une longueur d’onde nominale λ.
Si l’atome est en mouvement par rapport à l’observateur, ce dernier mesure une longueur d’onde différente, due à l’effet Doppler :
λ′ = λ + Δλ
ou simplement :
(105)
Si Δλ > 0 : la source s’éloigne → décalage vers le rouge.
Si Δλ < 0 : la source s’approche → « décalage vers le bleu ».
Il existe trois modèles de Friedmann, illustrés à la figure (106), qui diffèrent par leur description de l’avenir lointain. Pour les modèles hyperbolique et parabolique, l’expansion ne s’arrête jamais. Pour le modèle elliptique, elle cesse finalement et l’univers s’effondre (« Big Crunch »).
(106)
La figure (107) correspond au temps « de maintenant jusqu’au début », où les trois courbes sont presque identiques. Ensuite, le modèle établit une relation simple entre l’âge de l’univers et la constante de Hubble, indiquée sur la figure.
(107)
Imaginez que vous preniez une photo d’une grenade, juste après son explosion. Sur votre photo, vous pouvez mesurer les vitesses des fragments, grâce à la durée d’ exposition de votre appareil photo :
Remarquez que ce champ de vitesses ne correspond pas à la loi de Hubble : les fragments sont projetés avec des vitesses sensiblement identiques :
À partir de la photo, on peut calculer l’intervalle de temps entre le début de l’explosion de la grenade et l’instant où la photo a été prise, puis en déduire l’« âge de l’explosion ».
Il en va de même pour l’univers, sauf que la loi d’expansion (107) est différente : la vitesse d’expansion était plus élevée dans le passé.
L’univers est assimilé à un gaz dont les molécules seraient les galaxies. Un gaz en expansion, avec un champ de vitesse d’expansion, superposé à des vitesses thermiques (aléatoires).
Version originale (anglais)
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How old is the universe ?
There are several methods to evaluate the age of the universe. The first is to refer to the Bible. Then you get something like 5600 years. But radioactive decay enforce people to enlarge this value.
The second method, based on dynamics of globular clusters, is that they contain primeval stars, the oldest of our galaxy. This method will be described later.
Third one : based on some cosmological model. Then one starts from a field equation. Einstein had his own (but, as evoked in a preceding section, Hilberth possibliy invented it....).
(101) **S **= c T
From this equation ( 1915) Einstein immediatly tried to build a model of the universe, where curvature could be identified to energy-matter content. As he ignored that the universe was non-steady, he tried to build a steady-state model. But he gots many problems. Then he visited the great French mathematician Elie Cartan, who declared :
- My dear friend, I can suggest you modify your field equation. What about :
(102) **S = **c T - Lg
** ** where** g **is your metric tensor and L some constant. Notice your equation has still tensor form, is coordinate-invariant end divergenceless. Nice, isn't it ?
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Yes, thanks a lot. But what could be the physical meaning of this new "cosmological" constant L ?
-
My good friend, it's your problem, not mine. I've done my job. You know, I'm a mathematician, not a physicist...
Einstein was puzzled and worried. He thought that Newtonian approximation could clear up the problem and bring some light on the ontologic signification of this mysterious constant.
Newtonian approximation :
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Small space curvature, weak field.
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Velocities small with respect to light velocity c.
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Quasi steady-state conditions ( with respect to the general cosmic process : the universe, as a whole, is considered as if it was "frozen" ).
Then the Newton's law get a corrective term :
(103)
Notice this corrective term is proportional to distance r.It's a long range force. It can be attractive or repulsive? Depending on the arbitrary sign of L you choose. Considering this force was repulsive, it was possible to build a steady-state universe, which Einstein did immediatly, where the mysterious repulsive action of void balanced the normal attractive Newtonian force.
But this model was fairly unstable. If its space extension was increased, the Newton force became weaker and the repulsion of void stronger, and vice-versa. Einstein was more worried than ever.
Then two new facts occurred, almost at same time.
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Edwin Hubble discovered the expansion of the universe.
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The Russian glider' pilot Friedmann built a non-steady solution of the (101) field equation ( no cosmological constant required ).
Einstein got mad about it and declared :
- If I was aware of universe's non-steady features, I should have found before Friedmann !
If, as Lacedemonian used to say.....
Then the cosmologic constant passed into disuse, after some time. Some astrophysicists built arguments in order to show that it should necessarily be zero.
As this constant goes with a repulsive force which acts only at very large distances, it modifies the evolution of the universe only in late period, in a second era of expansion.
The Hubble's law simply says (104)
The galaxies' running away velocity is proportional to their red shift z
The constant of proportionality is called the Hubble's constant Ho.
What about z ?
A steady atom, in lab, can emit radiation, if hot enough ( is a Busen flame ). This radiation corresponds to a nominal wavelength l.
If the atom is moving, with respect to the observer, this last measure a different wavelength, due to Doppler's effect :
l' = l + Dl
Or simply write :
(105)
If Dl > 0 : the source moves away : red shift.
Si Dl < 0 , the source gets closer : "blue shift".
There are three Friemann's models, as shown on figure (106), which differ from their description of distant future. For hyperbolic and parabolic model, the expansion never stops. For elliptic model, it finally stops and the universe shrinks ( Big Crunch ).
(106)
Fgure (107) corresponds to the time "from now to the beginning", where the three curves are almost identical. Then the model sets a simple relation between the age of the universe and the Hubble's constant, shown on the figure.
(107)
Imagine you take a picture of a grenade, just after explosion. On your picture you can measure the velocities of the fragments, due to the exposure time of your camera :
Notice that this velocity field does not correspond tu Hubble's law.The fragments are projected with similar velocities :
From the picture one can calculate the interval of time between the begenning of the grenade's explosion and the time when the picture was taken. Then we can calculate the "age of the explosion".
Same thing for the Universe, except the expansion law (107) is different : the expansion velocity was higher in the past.
Universe is assimilated to a gas, whose molecule would be the galaxies. An expanding gas, with expansion velocity field, plus thermal (random) velocities.