Greene Univers elegant supercordes toe theorie du tout

autre
...Brian Greene, ...auteur de l'ouvrage publié aux Editions Robert Laffont" : L'univers élégant ...Trente-cinq ans, présenté comme "l'un des spécialistes mondiaux de la théorie des cordes". Sur la page de couverture, on peut lire : Une révolution scientifique : de l'infiniment grand à l'infiniment petit, l'unification de toutes les théories de la physique. Ci-après, quelques phrases extraites de son ouvrage.

page 61 : Durant les années 84 à 86 les physiciens
du monde entier ont publié en tout plus d'un millier d'articles de
recherche sur la théorie des cordes.

page 189 : Cependant les jugements esthétiques n'arbitrent
pas la vérité scientifique. Au bout du compte, les théories
ne sont jugées que par la façon dont elles résistent
aux dures et froides réalités expérimentales.

et, à la page suivante :

..*.*Les décisions
que prennent les théoriciens ne sont motivées que par des raisons
d'esthétique, en vertu desquelles les théories doivent exhiber
l'élégance et la beauté structurelle qui vont de pair
avec le monde que nous observons. Evidemment, rien ne dit que cette stratégie
conduise à la vérité.

page 247 : La supersymétrie apparaît comme un
concept unificateur fabuleux
(*)

(*) Fabuleux : qui appartient à l'imagination,
chimérique (Larousse).

page 235 : Fait ironique, nous verrons que bien que la théorie
des cordes soit potentiellement la plus prédictive que les physiciens
aient jamais étudiée, ceux-ci ne sont pas en mesure de faire
des prédictions suffisamment précises pour pouvoir être
confrontées aux données expérimentales.

p. 235 : La théorie des cordes est-elle correcte ?
Nous n'en savons rien.

p.252 : Il est tout à fait envisageable que plus d'une
génération de physiciens consacre sa vie à l'étude
au au développement de la théorie des cordes, sans jamais recevoir
en retour le moindre écho expérimental.

p.300 : Edward Witten (*) est considéré comme
le digne successeur d'Einstein dans le rôle du plus grand physicien
vivant. Certains vont même plus loin et disent qu'il est le plus grand
physicien de tous les temps.

(*) Witten, médaille Field, est un des
pères-fondateurs de cette théorie. Ci-après, la photographie
de celui-ci :

Edward Witten

p.308 : C'est un des rares exemples, en physique, où
l'absence de phénomènes observables importants est source d'une
grande excitation.

...Mon opinion personnelle sur
cet ouvrage
:

...Le livre de Greene est une machine
de guerre redoutable, qui pourrait faire de lui l'Hubert Reeves de la physique
théorique. En effet, concédons-lui cela, c'est un excellent
vulgarisateur. Les cent cinquante premières pages de son ouvrage sont
entièrement consacrées à de la vulgarisation de concepteurs-clefs,
mais très classiques, de la physique moderne. L'ouvrage compte 465
pages. Peu de lecteurs, en fait, vont beaucoup plus loin. Je parle du "lecteur
moyen". Ayant compris un certain nombre de choses dans ces cent cinquante
premières pages, assez bien ficelées, il est donc prêt
à délivrer un chêque en blanc à l'auteur. On a
vu l'annonce sur la page de couverture :

De l'infiniment grand à l'infiniment petit, l'unification
de toutes les théories de la physique.

...Il n'est pas écrit "...vers
une unification de toutes les théories de la physique". Le lecteur
serait donc en droit de trouver dans cet ouvrage les éléments
de cette chronique d'une unification annoncée. Or ce livre ressemble
à une maison de passe où après avoir payé son
écot à l'entrée le lecteur se trouverait face à
une succession de portes, comportant des paneaux : "Brune, Blonde, Rousse",
puis "Grande, Petite, Moyenne", etc.. Après avoir franchi
un nombre important de ces huis, il voit devant lui une ultime porte, qu'il
pousse et se retrouve... dans la rue.

...Si vous feuilletez cet ouvrage
dans une librairie, allez par curiosité directement à la page
415. Vous êtes alors à cinq pages de la fin du livre, en plein
dénouement. Le titre du chapitre est :

La théorie des cordes peut-elle être testée
expérimentalement ?

...Vous n'y trouverez pas de réponse
positive, ni même de suggestion. Pourtant la théorie des supercordes
a la réputation d'être une "TOE" (theory of everything"
: une " Théorie de Tout " ). Mais elle est semblable à
un outil dont on ne posséderait que le manche, bien que n'importe quoi
puisse s'adapter sur celui-ci. Citons Brian Greene dans cette conclusion :

...Bien sûr, nous pourrions
être encore plus optimistes (...), et espérer que dans les dix
années à venir - avant même la mise en fonctionnement
du grand collisionneur de hadrons (LHC) de Genêve - la théorie
des cordes aura suffisamment progressé pour que l'on puisse faire des
prédictions détaillées sur les particules supersymétriques,
avant leur découverte, tant espérée. Leur confirmation
serait un succès monumental dans l'histoire des sciences.

...Mais comment diable se faire
une idée sur cette fichue théorie ? Quels arguments lui opposer
?

...La physique théorique
est en crise depuis le milieu des années soixante. L'électrodynamique
quantique (Feynman) est en fait la dernière grande avancée de
la science fondamentale moderne. Elle est à la fois explicative et
prédictive. Lisez à ce sujet un livre excellent "Lumière
et matière, une étrange histoire" de Richard Feynman, dans
la collection Points-Sciences. C'est une théorie qui marche remarquablement
bien mais, comme Feynman est le premier à le souligner : on ne sait
pas pourquoi cela marche.
...Les grands succès de la physique quantique
ne doivent pas nous faire oublier cet étrange paradoxe : c'est une
théorie fonctionnelle, ô combien, mais dont aucun théoricien
ne peut dire pourquoi cette théorie fonctionne, quelle est sa "base
ontologique". Elle est née de considérations analogiques.
L'équation de Schrödinger n'a pas été au départ
conçue pour "servir de base à la théorie quantique".
On s'est simplement aperçu qu'elle recélait beaucoup plus de
trésors, qu'elle possédait beaucoup plus de vertus qu'on ne
lui en avait prétés au départ. Les gens des cordes ont
donc fait le même raisonnement. Quelqu'un a imaginé que le réel
puisse être constitué de "minuscules cordes", possédant
des nombreux modes vibratoires. Ceux qui suivent un peu l'actualité
savent que ces dernières années les superstring men ont envisagé
de passer des cordes aux membranes vibrantes, à deux (les membranes,
ou 2-branes), ou même plus de deux dimensions (les n-branes). Mais à
la différence de l'équation de Schrödinger, l'équation
ne partait de rien a priori. Ca n'était pas une équation construite
pour rendre compte d'une certaine classe de phénomènes dont
on puisse espérer qu'elle soit susceptible plus tard capable d'en gérer
un nombre beaucoup plus important. Le formalisme des cordes ou des supercordes
ne partait de rien à priori. Ce ne sont au départ qu'un jeu
purement mathématique. Un peu comme si quelqu'un s'était un
jour demandé "quelle musique pourrais-je produire en utilisant
un violon à dix dimensions ?"

...Le fait de ne pas partir de
quelque chose a priori n'était pas condamnable en soi. Le tout était
quand même de trouver un moyen d'accrocher ce formalisme à une
quelconque réalité, à un moment où à un
autre . Or depuis trente ans ça n'est pas le cas. La théorie
des supercordes est une schizophrénie, un autisme puissamment organisé.
Mais pourquoi, me direz-vous, une telle folie aurait-elle pu soudain s'emparer
du monde de la physique théorique ? La réponse est simple :
on n'a rien d'autre à se mettre sous la main. Les "non-cordistes"
n'ont rien à proposer, comme le fait remarquer Greene dans son livre.

...La physique théorique,
et la physique tout court, connaissent une crise majeure (de même que
la cosmologie et l'astrophysique). On vient de fermer le CERN. Cette structure
complexe avait été conçues dans le but de réaliser
un certain nombre d'expériences, qui ont toutes été faites
et refaites. Avec une telle énergie, il n'y avait plus rien à
envisager, à suggérer et à ... expliquer. Expérimentateurs
et théoriciens du CERN se retrouvent donc en plein chômage technique,
après fermrture de leur boutique.

...Faisons un rapide retour en
arrière. Au début du siècle on découvre les atomes,
les électrons, les protons, les neutrons, puis un certain nombre d'autres
particules, impliquées dans le "jeu nucléaire", comme
les mésons. La stratégie des physiciens étaient simple.
Ils essayaient en effectuant sur des structures des tirs de plus en plus violents
de "démonter la matière" en ses constituants. Pour
les molécules, les atomes, les noyaux, ça avait plutôt
bien marché. Il restait à démonter à leur tour
protons et neutrons. Le plus simple était d'utiliser deux accélérateurs
où communiquer de l'énergie à deux troupeaux de protons.
Vous savez peut être que cela prend du temps, des heures, même.
A chaque tour les protons gagnent un peu plus en vitesse, s'approchent de
plus en plus de la limite relativiste. Puis ces deux anneaux de stockage sont
mis en communication et, les deux troupeaux de protons se tombant dessus en
sens inverse, on obtient un "collisionneur".

...Boum.....

...Certains s'attendaient à
pouvoir récupérer ainsi les éléments dont ces
protons étaient censés être faits, à savoir les
quarks. L'identification de quarks à l'état libre ne devait
pas poser de problème, étant donné qu'ils possédaient
des charges électriques fractionnaires : 2/3, 1/3 . Mais : pas plus
de quarks à l'état libre que de beurre en broche. Il fallait
donc comprendre le pourquoi de cette absence. Il y a différentes façons
de formuler la "réponse" à cette question, comme de
dire, par exemple, que la force qui lie deux quarks, à la différence
d'autres forces connues, croît avec la distance. Donc, si ces quarks
à l'état libre avaient l'idée d'exister, cette existence
célibataire ne serait que de très brève durée,
la recombinaison, pour former tout un bestiaire décrit par ce qu'on
a appelé la chromodynamique quantique, était "pratiquement
instantannée".

...Si je puis me permettre une
comparaison, les quarks me font penser aux épicycles de Ptolémée.
C'est une sorte de description phénoménologique du "réel"
qui se fonde sur la phrase "tout se passe comme si...."

...D'un autre côté,
la mécanique quantique "secrête" une longueur caractéristique,
la longueur de Planck. C'est le propre des modèles théoriques
(quand ils ont la prétention de décrire quelque chose). Ils
ont leurs limites. Je cite un exemple. Prenez la mécanique des fluides
et la description qu'on peut en donner à travers les équations
de Navier-Stockes. Ca marche assez bien. Mais il existet des échelles
de longueur et de temps en delà desquelles ce système d'équations
différentielles ne vous sera plus d'aucune utilité, par exemple
si vous envisagez d'étudier la chute libre d'une molécule d'un
gaz au milieu de ses voisines, sous l'effet de la pesanteur, ou parce que,
porteuise d'une charge électrique, elle est mue par un champ. Impossible
de considérer et de calculer "l'écoulement du fluide autour
de cette molécule". Ca n'a plus de sens.

...La théorie quantique
possède des limites semblables, qui s'articulent autour de la longueur
de Planck : 10-33 cm et du temps de Planck 10-43 seconde.
Vouloir étudier un phénomène qui met en jeu des échelles
de longueur et de temps inférieures n'a plus de sens, tout simplement.
Bien sûr, ces grandeurs sont excessivement petites et il n'existe nul
phénomène dans la nature qui fasse état de tels ordres
de grandeur. Il y a une autre façon de voir les choses. L'inverse du
temps de Planck est une fréquence. En multipliant par la constante
de Planck on obtient une énergie, de l'ordre du milliard de joules.
Exprimé en électro-volts, cela donne 1020 Gev. On
arriverait au même résultat en assimuilant la longueur de Planck
à une longueur d'onde. Certains on estimé que pour mettre en
jeu de telles énergies, il faudrait pouvoir construire une accélérateur
grand comme une galaxie. N'importe quel physicien hausse les épaules
en voyant de telles choses. Mais, conceptuellement, ces grandeurs nous interpelllent.
En cosmologie, elles font que des gens se posent la question :

  • Que se passe-t-il quand l'âge de l'univers devient inférieur
    à 10-43 seconde ?

...Cette question a-t-elle un sens
? Toutes les questions ont-elles un sens ? Tout dépend comment elles
sont formulées. Si je vous demande "pourquoi est-ce que le vide
pleut ?", vous me répondrez : "votre question n'a aucun sens
!". Mais comment vérifier si une question a un sens ou non, quand
on ne sait même pas de quoi on parle ?

...Revenons en arrière.
Qu'est-ce que le réel ? Un objet d'étude qui peut être
abordé à l'aide d'équations, répondra le
physiciens théoricien.

...Mais qu'est-ce qu'une équation
? Réponse : quelque chose qui traduit un phénomène de
conservation (de l'énergie, par exemple), du genre

A = B

ou :

A - B = 0

...Les équations de la physique
sont des équations différentielles, y compris celle de
Schrödinger, de Klein-Gordon, etc. Il y a donc un présupposé
: que le réel soit un continuum et qu'on puisse entre autre disséquer
à l'infini l'espace et le temps. C'est la définition même
de la différentiabilité. Or regardons ce que font les
gens des supercordes. Ils partent de cette distance-butoir, la longueur de
Planck. Il évoquent alors ces violentes turbulences qui règnent
à l'échelle "subquantique", turbulences qui m'ont
toujours paru posséder un caractére onorique, puisqu'aucune
équation n'est à même de les décrire et qu'aucun
phénomène n'est capable d'en rendre compte. Le but que se donnent
ces gens des supercordes, ce qui est clairement indiqué dans le livre
de Greene, est faire disparaître ce fâcheux problème. Pour
ce faire, tous les constituants de lunivers sont assimilés à
des états vibratoires d'objets appelés "cordes" dont
la dimension caractéristique se trouve alors être cette famense
distance de Planck. Les "modes vibratoires" de ces cordes, supercordes,
membranes ou n-branes sont quasi infinis. Les superstring men espèrent
découvrir les "équations ultimes" permettant de maîtriser
enfin le problème (le simple fait d'employer le mot "équations"
implique une croyance implicite dans la différentiabilité
de l'univers, en tant qu'objet géométrique). L'approche supercordes
implique, au passage, que l'univers soit doté de dimensions additionnelles,
en associant encore à chacune cette minuscule dimension caractéristique
: la longueur de Planck. Ces dimensions se mêlent, s'enroulent et "des
considérations de symétrie" montrent alors qu'elles doivent
se constituer en des structures géométriques particulières,
dites de Calabi-Yau. Ci-après, une géométrie de Calabi-Yau,
en deux dimensions, obtenue à l'aide du logiciel Mathematica, reproduite
par Greene dans son ouvrage :

...Les cases correspondent à
la résolution choisie dans ce logiciel de production de surfaces à
partir d'une équation. A priori le plan tangent existe et varie continûmement.
L'objet est tarabiscioté mais, pour un géomètre, il pourrait
s'agir d'une "immersion", dotée ou non de points singuliers,
"cuspidaux", de pincements ou autres. Il n'empêche que cette
espèce de nombril 2d est entièrement logé à l'intérieur
d'une "case de Planck".

...Greene ajoute que l'approche
"cordiste" permet justement de masquer les violentes turbulences
du monde subquantique puisque, constituant les objets ultimes de l'univers,
elles en sont aussi les instruments d'analyse, les "scalpels". Il
est bien connu qu'on ne saurait découper des tranches de saucisson
plus fines que l'épaisseur du tranchant de la lame qu'on utilise pour
les obtenir. Selon Greene, la corde ou supercorde étant le constituant
ultime, ayant pour dimension caractéristique la longueur de Planck,
on ne peut plus descendre à une échelle inférieure et
les fluctuations subquantiques, écrit-il, à la limite "cessent
d'exister".

...Mais alors, avec quel outil,
fut-il conceptuel, dissèque-t-on une structure de Calabi-Yau ?

...Je conçois qu'au plan
mathématique tout ceci constitue un jeu extrêmement divertissant.
Greene s'y exerce d'ailleurs, avec ses petits camarades, en découvrant
une forme de" "chirurgie" dans ces structures de Calabu-Yau,
ce qui paraîtra tout à fait naturel à n'importe quel géomètre.
Par exemple, en effectuant des pincements sur un cylindre, vous pouvez le
transformer en chapelet de saucisses. En supprimant ces pincements on fera
inversement évoluer un chapelet de saucises en cylindre. De ce côté-là,
les sources d'amusement sont quasi infinies. Ci-après, un exemple de
ce genre d'exercice trouvé page 283 de l'ouvrage.

Septembre 2005
: une petite remarque d'un lecteur :

- J'ai trouvé à quoi peuvent servir les surcordes.
A tresser des filet pour attrapper les formes de Calabi-Yau. Parce que le
Calabi-Yau à la moutarde, c'est excellent.

Que cela puisse être extrêmement
amusant, je n'en disconviens pas, surtout si on passe à un nombre de
dimensions supérieure à deux. Que de tels travaux puisse valoir
à leur auteur une récompense scientifique, pourquoi pas (Witten
est détenteur d'une médaille Field) quoiqu'il puisse sembler
un peu ridicule que des travaux de ce genre engendre des "frissons intellectuels"
(Witten). Ceci étant, où est la physique dans tout cela ?

...Mon opinion est que la "théorie
des supercordes" est la plus grande escroquerie scientifique de tous
les temps, escroquerie consistant à faire passer des travaux de mathématiques
pures pour de la physique. Comment une telle mystification, dans laquelle
se sont engoufrés depuis des décennies des milliers de chercheurs,
a-t-elle été possible ? Parce qu'en dehors de cela, il n'y a
rien, ou très très peu de choses. En effet, à quoi pourrait
ressembler une théorie concurrente ? A une vision quantifiée
des dimensions de l'univers, tout simplement. Cette idée n'est pas
neuve. Elle a été envisagée par nombre de scientifiques
qui, ceux-là, ont laissé leur nom dans l'histoire des sciences,
comme Heisenberg, par exemple. Mais, si on opte pour cette approche, ce sont
les outils mathématiques qui se dérobent. Quels outils utiliser
?

...Citons pour mémoire le
travail d'Eyal Cohen, du Lyman Laboratory of Physics, université de
Harvard, Massachusetts, intitulé

Random Lattices as Theories of Space-Time

...Dans l'abstract on peut lire
"The theory is based on a discrete space-time formulation and is invariant
under general coordinate transformation". "Random Lattices"
signifie "réseaux ou treillis aléatoires". Pour le
moment, cela ne va pas bien loin, mais c'était simplement histoire
de citer quelque chose d'alternatif, de fondamentalement différent.
Pourquoi n'y a-t-il pas des milliers de chercheurs qui se soient engoufrés
dans cette voie ? Parce que cette approche est peut-être moins "féconde"
que celle des supercordes. Vous avez bien lu : entre 84 et 86 plus de mille
papiers ont été publiés sur le sujet, dans le monde.
Cela signifie simplement qu'il existe de très nombreuses façons
de faire "vibrer" ces objets, de très nombreuses façons
de faire se tortiller des formes de Calabi-Yau, chaque tortillement constituant
un excellent sujet de thèse de doctorat et une excellente matière
à publication. Il est peut être beaucoup plus difficile de tricoter
des réseaux aléatoires. Par ailleurs, les fournisseurs, en matière
de science, étant également les clients il faudrait immédiatement
créer une revue :

The quantum lattices journal

par exemple.

...Le monde des supercordes s'est
vite puissamment organisé. Il a ses revues, son système de referees,
d'experts. Il a aussi son gourou : Witten. Recevoir l'approbation d'un tel
personnage équivaut à une consécration dans ce monde
clos, comme jadis le fait d'être cité par Lacan pour un psychanalyste.

...On connaissait déjà
la définition que Souriau donnait de la physique théorique :

...Sa réaction après
la publication du livre de Brian Greene :

  • La physique théorique, de nos jours, est devenue un
    vaste hôpital psychiâtrique et hélas, ce sont les fous
    qui ont pris le pouvoir....

...Je vais tenter de donner une
image de cette évolution extrêmement déconcertante de
la physique théorique contemporaine. Imaginez que vous survoliez un
champ de bataille, d'assez haut. En bas, des "blancs" et des "noirs"
s'affrontent. Ces centaines de milliers de "blancs" et de "noirs",
vu d'assez haut, semblent constituer un tissu continu. Là où
les "noirs" offrent une densité moindre, cela apparaît
"gris". Etc...

...En diminuant votre altitude,
vous réalisez soudain que ce qui vous avait paru continu ne l'est point.
En fait, ce qui se déroule en contrebas est une sorte de jeu. Des "objets",
ou ce qui vous semble être un ensemble d'objets ne se déplacent
pas vraiment. Comme aux échecs, cet univers est fait de cases discrètes.
Le présent lui-même possède une épaisseur finie
: la durée du coup.

...Consultez un joueur d'échec
et demandez-lui ce qui se passe, entre le moment où un roi passe de
d1 à d2. Que lui arrive-t-il pendant ce "voyage subquantique"
? Il vous regardera avec des yeux ronds. Même attitude si vous lui demandez
ce qui se passe entre deux coups, aux échecs, sur l'échiquier,
bien sûr, ou avec quel matériau sont faites les pièces,
quelle est leur forme exacte.

...On pourrait aussi envisager
de faire vibrer ces cases d'échecs, dont la dimension caractéristique
serait bien entendu la longueur de Planck. On découvrirait au passage
qu'il existe un nombre absolument fantastique de façons de les faire
vibrer, en tant que "2-branes". En leur adjoignant quelques dimensions
supplémentaires le jeu deviendrait encore plus riches. Il s'agirait
alors de faire vibrer des hypercases à n dimensions, qui devraient
alors, peut-être, être structurées en forme d'hypersurfaces
de Trondheim-Balnukov, ou de Malcom-Bérénichkowicz. De là
à imaginer que ces hypercases puissent être l'objet de convulsions,
de réarrangements internes fort complexes, il n'y a qu'un pas. Comme
disaient les Shaddock "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué".

...Bien sûr, la raison suffisante
de cette démarche, le but ultime serait de décrire les "coups"
en tant que résultat de l'interaction vibratoire entre cases adjacentes.
Vous espérez ainsi, parmi ces dizaines de milliers de façons
différentes de faire interagir ces cases vibrantes pouvoir un jour
retrouver par exemple le jeu de dames ou les échecs. Mais une chose
est sûre. Ce faisant, vous avez construit le :

TOEG

...En Anglais "Theory of
Every Game", la théorie de tous les jeux.

...Jamais on n'aurait conçu
de théorie potentiellement plus globale que la vôtre, puisqu'elle
les contiendrait a priori toutes. Ce serait l'instrument de musique absolu,
le Gaffophone décadimensionnel, la harpe ultime.

...C'est à essayer....


Le lendemain de l'émission sur ARTE consacrée
aux superdordes, animées par Brian Greene

Le temps du Grand Foutage de Gueule

10 mars 2005

J'ai consacré un
dossier à la nomination de Veneziano
, grand précurseur de
la théorie des cordes et supercordes, document que j'ai intitulé
( le mot est de Souriau) "Cinquante ans de Non-Physique ". C'est
déjà une nouvelle que je considère comme catastrophique.
Hier, avec deux de mes collaborateurs nous nous sommes accrochés à
nos chaises pour suivre une des émissions proposées par la chaîne
Arte à propos du centenaire de l'invention de la Relativité
Restreinte par Albert Einstein, en 1905. Je crois que le titre était
quelque chose comme "ce qu'Einstein n'avait pas vu, ou pas compris..."

Et qu'est-ce que nous avons vu sur le
petit écran ? Le petit Brian Greene.

Brian Greene, l'homme qui ne vaut pas la supercorde
pour le pendre

J'ai du m'accrocher à ma chaise.

Si vous
voulez en savoir plus sur " l'oeuvre scientifique de Brian Greene "
il vous suffira de remonter cette page depuis son début.

Si vous avez suivi cette émission,
repensez à ce qu'on vous a présenté : une foutaise, une
imposture complète. C'était choquant. En fait je jeune Greene
tente de faire l'équivalent de ce qui avait été produit
par Carl Sagan il y a vingt ou trente ans avec sa série "Cosmos"
( série d'émissions à la télévision, livre
qui devient aussitôt un best seller international, conférences,
etc ). A l'occasion de ce centenaire de la découverte de la Relativité
Restreinte on est donc allé chercher "la fine fleur des physiciens".
Quel déballage. Ils y sont tous : Michal Duff, Leonard Susskind, Witten,
Horowitz Schwarz, Alan Guth ( qui déclare, sententieux " je n'aime
pas le néant " ).

Est-ce que les spectateurs qui ont suivi
cette émission, où Greene passe son temps à se mettre
en valeur et va même jusqu'à se multiplier en cinq exemplaires
devant la caméra, ont pu réaliser que tous ces discours
étaient vides, totalement vides.
Toutes les proposition sont
au conditionnel.

Sa ma tante en avait, ça serait mon oncle !

J'ai noté quelques phrases :

- Einstein n'avait pas toujours raison, dit ce petit
prétentieux de Greene, qui n'a jamais rien trouvé de toute sa
vie, ne laissera rien.

- Les cordes "apaisent le chaos"

- Les cordes "reprisent l'espace"

- Les particules sont de petites cordes. Les cordes génèrent
toutes les particules de la nature
(alors qu'on ne dispose à ce
jour d'aucune description des particules par les cordes. Ca n'est qu'un ...
rêve, qu'une idée totalement dénuée de consistance
)

Braves gens, ces scientifiques se foutent
tout simplement de votre gueule avec l'argent de vos impôts, en toute
impunité, depuis ... trente longues années. La vacuité
de leurs propos révèle la crise dans laquelle la physique théorique
s'enfonce depuis trente ans. Et le petit Greene continue ses tirades au conditionnel
:

- Si on parvient à "maîtrise le rythme
des cordes", alors on expliquera tout et cette théorie pourrait
bien tenir ses promesses, c'est d'être une " Théorie de
Tout" .

Quousque tandem abutere ,Catilina, patienta nostra?

( pages jaunes du dictionnaire)

Pendant combien de temps et jusqu'où continueras-tu
à abuser de notre patience, Catinila ?

Je lance un défi, qui ne sera très
probablement jamais relevé. J'aimerais bien, moi qui estime avoir quelques
petites choses à dire, pouvoir le faire devant Veneziano, au Collègue
de France, ou devant Thibaud Damour, à l'Institut des Hautes Etudes
(dont ce dernier m'a barré l'accès de son mieux). Je leur lance
un défi à ces deux-là, eux dont les paroles ne sont que
du vent. Allez voirles propos
de notre docte académicien
, à propos de sa théorie
de l'avant Big Bang, lequelle, selon lui, "n'est pas tout à fait
mûre".

Ben voyons....

Pour faire bonne mesure il faudrait inviter
Charpak. La physique fondamentale est dans une telle impasse qu'on finit par
donner des prix Nobel à des concepteurs d'appareils de mesure. Un homme
qui n 'a pas hésité à tailler en pièce et à
diffamer mon ami Jacques Benveniste. Mais pourquoi ne s'en prendrait-il pas
à un physicien comme moi ? J'accepterais la descente dans le champ
clos, immédiatement, devant "les pairs" ou les journalistes,
s'il le souhaite, puisqu'il aime tant s'exprimer dans les médias, en
jouantg les censeurs.

- Viens un peu, bonhomme, t'en prendre à un adversaire
qui soit de ton milieu, toi qui a une si grande gueule !

Les Cosmic Troupiers tiennent le haut
du pavé, tandis que les chercheurs qui ont réellement trouvé
des choses se trouvent .. excommuniés, frappés d'ostracismes,
interdits de médias. Choquant, lamentable. Je suis en colère
et je le dis.

Je reviens à cette émission,
cauchemardesque. Tous les "champions" y passent, les uns après
les autres. Greene, qui joue le monsieur Loyal de ce cirque, car ça
n'est rien d'autre qu'un lamentable cirque, nous apprend qu'avant 1984 il
y avait cinq théories de cordes mais que cette année-là
un véritable "coup de tonnerre" fut lancé par le fer
de lance de ce groupe, Ed Witten, récompensé par une médaille
Field ( un prix de maths ) pour certaines retombées de maths pures
de ses travaux, mais pas "pour ses travaux sur les supercordes".
Witten, c'est la justification, "l'honneur" de cette troupe confuse,
sa seule "lettre de noblesse". Pensez donc, il a récolté
un prix, l'équivalent du prix Nobel, mais pour les maths ! .....

Evoquant cette " révolution
", Greene :

- Ca a été un choc pour tout le monde, mais
on a appris à vivre ave
c.

Il vaut mieux entendre ça que d'être
sourd. Mais, est-ce que vous, téléspecateur, avec compris que
ce type, sous vos yeux, ne faisait qu'allonger connerie sur connerie ?!?

Dans son livre Greene écrit "que
Witten est considéré comme le plus grand physicien depuis Einstein"
et qu'il est peut-être "le plus grand physicien de tous les temps".
Quelle grandiloquence imbécile ! Witten est .... un physicien sans
physique, un champion de la pensée à géométrie
variable, expert en effets d'annonce, en "coups de tonnerre" parfaitement
creux et dénués de fondement ( exemple, les "cordes cosmiques
", une autre de ses inventions ), un spécialiste sans discipline,
un champion sans épreuve sportive. Dans le film diffusé sur
Arte il se paye même le luxe de dire que la théorie M, ça
pourrait dire " M comme merde ". Sidérant.

Mais, grands dieux, qu'est-ce qu'un physicien
? N'est-ce pas quelqu'un qui est censé expliquer des phénomènes,
fournir des interprétations, des modèles, qui peut essayer de
prédire des choses, d'en expliquer d'autres ( ce que ma théorie
gémellaire fait à longueur de pages. Mais mon livre "On
a perdu la moitié de l'univers, 1997, a disparu au plus vite des librairies,
faute d'écho dans les médias science et dans les médias
tout court ). Or qu'a fait Witten ? Rien de ce genre. La théorie des
cordes tourne totalement le dos aux réalités. Elle n'est en
contact avec le réel à travers .. rien. Oui, vous avez
bien lu. C'est le temps du grand Foutage de Gueule. Mais, en 1984 Witten fait
sensation, dit Greene, en montrant que ces cinq théories pourraient
se réduire à ... une seule. Et Greene d'ajouter " Witten
a boosté la théorie ".

Ils causent, ils causent, c'est tout ce
qu'il savent faire...

Une théorie qui décrirait
quoi ? Minute, papillon. On n'en est pas encore là. Passer der cinq
théories à une seule, c'est déjà "une grande
avancée". De là à demander à quoi cette théorie
unificatrice, baptisée " Théorie M " par Witten, pourrait
servir, il y a un pas qu'il faut sans doute attendre quelque temps pour franchir.
Comme dira Greene plus loin :

- Il faudra peut être un siècle, un million
d'années pour savoir si cette théorie est réellement
valable. Mais en dépit du fait que nous n'ayions aucune preuve que
tout cela tienne debout nous, scientifique, croyons que cette théorie
est la vraie.

Greene parsème son film de scènes
grotesques. Il consacre de longues minutes à essayer d'avoir l'air
très savant, en expliquant à l'américain moyen, qui doit
en être stupéfié, qu'un beignet ( torique, le classique
donut américain ) et une tasse, c'est pareil (ils ont des topologies
identiques ). Images de synthèse. Le beignet se transforme en tasse
et vice-versa. La foule exulte. Quel prodige, je comprends ! Mais ça
montre quoi ? Rien. Greene, évoque la question des " trous de
vers" des wormholes, chers à Kip Thorne,
un autre membre du club.

Ces trous de ver sont qualifiés
par Greene de " racourcis cosmiques ", mais il s'empresse d'ajouter,
sentencieusement, comme pour rassurer son monde :

- On ne peut pas déchirer l'espace.

Image de synthèse montrant un univers
qui se plie ( en fait la ville de Manathan ), puis un trou de vers qui se
dandine comme un mirage. Une science qui évolue dans le virtuel.

Il y a de quoi exploser. Cette théorie
des " trous de vers ", des " wormholes" n'en est pas une,
non plus. En trois phrases, dans un séminaires, devant "un parterre
de spécialistes" je pourrais ridiculiser l'auteur de cette nième
imposture, dont la structure, au plan mathématique et géométrique
est inexistante. Ce n'est qu'un mot, un mot de plus. La physique et l'astrophysique
ne produisent que des mots depuis des décennies. Trous de vers, trous
noirs, monopoles, quintessence, énergie noire, branes, etc... etc...

Ca me rappelle une phrase du défunt
Jean Heidman, tête de file en cosmologie pendant des décennies,
jusqu'à ce qu'il aille rejoindre les étoiles.

- Quand on parle de trous noirs, il faut laisser son bon
sens au vestiaire.

Encore un qui n'a rien trouvé,
rien laissé en partant. Ca sera pareil pour Hawking, à part
son célèbre théorème : " black holes have
no hair " : Les trous noirs n'ont pas de cheveux. Il sont "lisses".

Quand un astrophysicien produit autre
chose que des mots, on feint de ne pas entendre. Je me souviens de ces minutes
de silence, lourdes, au colloque d'astrophysique et de cosmologie de Marseille,
en 2001 ( titre général du colloque : " Where is the matter
?", c'est à dire " Où est la matière ?"
), après que j'aie produit des résultats de calcul qui collaient
de manière spectaculaire avec la VLS, la Very Large Structure, la sructure
à grande échelle du cosmos, obtenus en 1992.

Lâches, lâches, complices
de mille impostures, minables, fripons !

En lisant ces lignes, le lecteur se dira
peut être :

- Mais, comment fait-il pour tenir de tels propos ? Comment
peut-il la ramener à ce point ? Pour qui se prend-t-il, celui-là
?

Je me prends pour un scientifique dont
les travaux sont sans points d'ombre, les mots bien définis, les théories
étayées et confirmées par les observations, prêt
à descendre dans toutes les fosses aux lions, de s'exposer aux traits
des plus savants, prêt à risquer le discrédit public,
le ridicule. Je suis un chercheur, touours en activité ( voir
mon dernier travail
) qui n'a jamais mordu la poussière dans un
séminaire, en 35 ans de carrière dans tous les domaines qu'il
a abordé : MHD, géométrie, astrophysique, cosmologie,
physique mathématique. Mais, en face, quelle lâcheté !
Je me souviens, c'était il y 28 ans. Un mathématicien, membre
du Centre de Physique Théorique de Marseille, Patrick Iglesias, avait
proposé que j'intervienne en séminaire dans son labo. Mais ses
collègues craignaient que ceci "ne discrédite leur laboratoire".

  • Eh quoi, avait lâché Iglesias ( il en
    a témoigné dans un de mes livres en 1986 ), si vous crachez
    tant sur les théories de ce type, invitez-le et descendez-le en public,
    flanquez son discours à bas, qu'on en finisse une fois pour toutes
    !

Mais ça ne s'est pas fait. Parce
que quand il y a face à face, et qu'on m'attaque, c'est moi qui descend
les autres à coup de théorèmes et de concordances avec
des données d'observation ou d'expérience. Je n'attaque jamais
le premier, mais quand quelqu'un s'y risque, ça ressemble à
du Clint Eastwood scientifique. J'ai pas mal d'encoches sur la crosse de mon
six-coups. La dernière, c'était en octobre 2003. Un imbécile
de mathématicien qui m'avait pris pour un plaisantin lors d'un séminaire
que j'avais donné dans son labo de Marseille. C'est idiot, mais c'est
comme ça. Nombreux sont ceux qui m'ont confondu avec un simple auteur
de BD ou compositeur de chansons, auteur de "SF". Je ne compte plus
aussi les séminaires que j'ai pu donner, qui se sont terminés
par un silence hostile et prudent, comme à l'Institut d'Astrophysique
de Paris, quand celui-ci était dirigé par un certain Omont.

Omont, qui fut directeur de l'Institut d'Astrophysique
de Paris

Il n'y eut aucun débat, de joute,
de face à face. Après mon exposé ils se sont tous carapatés,
ils ont tous quitté la salle avec précipitation. Ce séminaire
n'avait été possible que parce que Souriau était personnellement
auprès d'Omont en lui écrivant "Petit a des idées
neuves, écoutez-les". Mais la réaction fut plutôt
du genre :

- Cachez cette science que je ne saurais voir.

Omont, c'est un autre Tartuffe, un de
plus. Pourquoi ce changement de paradigme qu'est cette idée de gémellité
cosmique, lancées en 1967 par Andréi Sakharov leur fout-elle
à ce point la trouille ? Parce que les "raccourcis cosmiques"
seraient, cette fois, au coin de la rue et que ceux-ci permettraient des voyages,
des incursions dont personne ne veut entendre parler, Reeves en tête
qui, tel le marchand de sable, nous endort depuis un quart de siècle
avec sa "poussière d'étoiles ".

Un souvenir me revient. Il y a 25 ans
j'aperçois Reeves dans Paris, remontant à pied le boulevard
Saint Germain, vers le quartietr Latin. Je le hèle, je traverse le
boulevard. Il en est tellement ému qu'au terme de cet échange
il repart ... en sens inverse ! Mais à cette époque le cabinet
des médailles de la rue de Seine en avait déjà frappé
une à son effigie ( J'imagine qu'ils doivent en préparer une
autre pour Veneziano ).

Jalousie, rancoeur ? Non, indignation
face au gâchis des deniers de l'Etat, à la fermeture, à
la confiscation de la pensée, à l'imposture intellectuelle,
omniprésente. Ca m'est arrivé, et plus d'une fois, d'allumer
quelques chercheurs, venus donner des séminaires, et dont les propos
m'avaient paru quelque peu légers. Je pense à l'un d'eux, qui
avait écrit sur moi des rapports saignants dans le cadre de la section
du Cnrs dont je dépendais et qui était venu pantalonner dans
mon labo.

A l'issue de sa conférence
je lui ai reproposé de venir faire moi-même un exposé,
"dans son fief". Mes collègues s'en souviennent encore :
ce preux prit aussitôt la fuite après avoir ramassé ses
transparents. Una astronome présent s'était même levé,
estomaqué en disant :

- Tu as vu ! Non seulement il ne répond
pas à ta proposition mais il prend la fuite.

There is something rotten in the kingdom
of science

Blanchard, entrepreneur en cosmologie ( depuis qu'il
a tenu ces propos le cadre général s'est effectivement effondré
)

Dans une autre séquence Greene
nous emmène dans une boulangerie. Nouvelle clownerie.

- Cette structure en multi-univers, les physiciens l'appelent
le " bulk "
( la masse, le colis, l'ensemble ). Encore un mot,
un de plus, et d'autres images : Greene découpant des tartines, puis
les enduisant de sucre ou de confiture.

- Vous comprenez, les gravitons sont comme du sucre. Ils
n'adhèrent pas aux branes.

Mais personne ne sait ce qu'est un graviton,
n'en a jamais fourni de modèle théorique. On ne sait pas quantifier
la gravitation, ce qui n'empêche pas une revue très connue :
"Classical and Quantum Gravity " d'exister et de se montrer très
"pointilleuse et sélective" dans l'acceptation des papiers
( en fait, il faut être membre du club, c'est tout ).

Greene fait inscrire des galaxies sur
des tranches de pain.

- Nous pourrions vivre sur une " brane ".

Toujours le conditionnel.

- Si on parvient à saisir le graviton avant qu'il
ne s'échappe, on aura gagné la partie !

" Si ", comme disent les Lacédémoniens.
Dans ce monde qui se prétend scientifique on suit le miroir aux alouettes
des déclarations faites au conditionnel par ce représentant
des bas-fonds de la pensée, on les propage, alors qu'on se détourne
de ce qui marche, qui est sans faille, sans point d'ombre, comme si on avait
de la merde dans le yeux et de la cire dans les oreilles. C'est l'épistémotrouille
en action.

D'autres phrases de Greene me reviennent
en mémoire. A un moment il évoque le Big Bang et dit :

- Deux branes on commencé à dériver
l'une contre l'autre ....

Image de synthèse montrant des
" dérives de branes ". Qu'est-ce que c'est que ces salades
?!?

Une pensée100 % virtuelle, un discours
construit avec des rameaux de fraisier.

Soyons clairs. Depuis trente ans
les contribuables de maints pays payent des chercheurs, des physiciens théoriciens
qui ... ne trouvent rien, mais palabrent, publient des tonnes de papiers (
un par jour ! Des milliers ont été publiés ! ) sans queue
ni tête. Ils se rencontrent dans maints colloques, dirigent des thèses,
ou les soutiennent devant des jury où personne n'ose dire :

- Le roi est nu

Comment a-t-on pu en arriver là
?

Prenez une particule de masse au repos
m. Elle représente une énergie m c2 , où c
est la vitesse de la lumière. La masse du proton est

mp = 1,67 10-27 kilo

Elle représente une énergie
équivalente de 1,5 10-10 joule. Mais les physiciens des
"hautes énergies" ont coutume d'exprimer cela en utilisant
une autre unité, l'électron-volt. Soit e la charge électrique
unitaire, celle de l'électron ( ou du proton ) :

e = 1,6 10-19 coulomb

On passe de la mesure de l'énergie
en joule à la mesure V en " électron-volts " en écrivant

m c2 = e V

Appliquez cela au proton. On obtient alors
une énergie voisine de 1.000.000.000 " électron-volts ",
un millard d'électron volts, ou 1 Gev.

Le kEv c'est le millier Le
Mev c'est le Million Le Gev
c'est le milliard. Simple.

L'histoire de la physique des particules
s'inscrit dans la montée des énergies mises en jeu dans des
" accélérateurs de particules ". Savez vous comment
on les accélère ?

Un accélérateur de particules
est semblable à votre ... intestin grèle. Vous savez que vous
acheminez votre "bol alimentaire " à l'aide de contractions
de vos muscles péristaltiques.

Acheminement d'un bol alimentaire dans lintestin grêle
par contaction des muscles péristaltiques

Un accélérateur de particules
en un immense tore, cerclé de bobinages supraconducteurs. le champ
magnétique, plus intense au voisinage de ceux-ci, "confine"
les particule dans une région proche de l'âme de ce tore. Si
" la Nature a horreur du vide", les particules chargées ont
"horreur des champs magnétiques " , elles les fuient. C'est
expérimental et parfaitement bien compris, maîtrisé théoriquement
et expérimentalement. La physique des plasmas nous enseigne que des
particules chargées auront tendance à gagner les régions
de l'espace où le champ magnétique est le plus faible. On va
se servir de cela pour les accélérer.

Imaginez donc que le long de notre accélérateur
de particules vous fassiez passer un coulant plus intense dans l'un des solénoïdes.
Les "lignes de champ magnétique" seront plus serrées
dans cette région, et les particules chargées auront tendance
à être chassées loin de cet endroit.

Imaginez maintenant que vous propagiez
cette intensification du champ magnétique. cela sera exactement conforme
à l'image de la propulsion du bol alimentaire dans l'intestin grèle.

Entrainement de particules chargees par pincement
du champ magnetique dans un accelerateur

Les particules vont être chassées
vers l'avant, accélérées. Ce que peu de gens savent c'est
le temps nécessaire pour qu'un accélérateur de particules
ait rempli sa fonction, qu'il ait donné le maximum de vitesse aux particules
chargées qu'il propulse ainsi. Ce temps se chiffre ... en heures. On
doit ramer pour acclérer ds particules et faire que leur vitesse s'approche,
péniblement, de celle de la lumière, sans jamais l'atteindre.

On peut aussi utiliser deux accélérateurs
disposés l'un à côté de l'autre, de telle façon
qu'en les "branchant" soudain l'un sur l'autre deux flux de particules,
accélérées à des vitesses relativistes, arrivent
l'un contre l'autre.

Collisonneur

On obtient ainsi ce qu'on appelle un collisonneur.
Qu'est-ce qu'on accélère ? Essentiellement des protons, c'est
à dire des noyaux d'hydrogène.

Quand les chercheurs ont estimé
qu'ils avaient suffisamment joué avec les noyaux, en le cassant, ils
ont chercher à "démonter les protons". Et, pour ce
faire, il n'y a rien de mieux que de prendre deux protons et de les taper
l'un contre l'autre, le plus violement possible. Avec quelle énergie
? Une énergie qui soit supérieure à leur équivalent
en énergie-masse. Il faut donc un collisionneur qui charrie des protons
en les dotant d'une énergie supérieure au Gev, au Giga électron
volt.

Un certain Gell-Man avait imaginé
que les protons pouvaient être constitués de quarks ( trois,
pour être précis ). Mais là, une suprise de taille attendit
les physiciens. Les quarks ... refusèrent de se séparer. Tout
se passa comme si la force qui les liait croissait avec la distance, au lieu
de décroître.

Y a-t-il une limite à l'énergie
qu'on puisse communiquer à des protons ? A priori, non.

En non relativiste on parle d'énergie
cinétique

Energie cinétique ( en non-relativiste
)

Mais en relativiste l'énergie s'écrit
autrement

Expression de l'énergie, en Relativité

Le taupin s'apercevra immédiatement
du lien entre les deux en constatant que s'il effectue, pour v petit devant
c un "développement en série", il retrouve la formule
non relativiste aisément.

Passage du relatviste au non relativiste

Toujours est-il, bien que la vitesse
des n'importe quelle particule soit strictement limitée à c,
qu'on peut lui conférer n'importe quelle énergie. Si v tend
vers c cette énergie tend même vers ... l'infini. Mais je ne
vais pas faire comme Greene, faire le malin, épater le petit peuple
avec des arguments d'épicier de la science, archi-connus de n'importe
quel étudiant en première année de physique.

Quand les gens tentèrent de "casser
des protons" ils s'attendirent à avoir à fournir une certaine
énergie, puis à se mettre ensuite à pouvoir observer
les quarks, ses composants, à l'état libres. Mais, dans les
faits, les choses se passèrent autrement. Si on donnait par exemple
aux protons des énergie dix fois plus élevées que celle
correspondant à leurs masses, la collision produisait un bien étrange
résultat. Tout se passait comme si ces protons se trouvaient un court
instant brisés et que ces fragments recomposaient aussitôt d'autres
particules, éventuellement de masses supérieures, la plupart
du temps instables. On a alors comparé les quarks aux extremités
d'un bout de ficelle. Pour simplifier ( ce qui est faux ) supposons que les
protons soient constitués par deux quarks q1 et
q2 , assimilables aux deux extrêmités d'un bout de
ficelle. Vouloir isoler des quarks c'est comme tirer sur une ficelle pour
séparer les deux extrêmités. Que se passe-t-il alors ?
Le bout de ficelle casse et au lieu d'avoir une seule particule on se retrouve
avec deux, avec deux bouts de ficelle ayant chacun deux extrêmités.

Transformation d'énergie ( tension ), avec
apparition d'une nouvelle particule ( modèle de la ficelle )

Le démontage des protons s'avéra
une chose impossible. Mais le modèle fut cependant confirmé
au sens tout "tout se passait comme si, effectivement, les protons étaient
constitués par des quarks". La physique des particules dites élémentaires
se mit alors à ressembler à un jeu étrange. Imaginez
un forgeron qui frappe sur une bille d'acier avec un marteau, auquel il donne
de plus en plus d'énergie. Le marteau représente cette énergie
qui se matérialise. Le forgeron essaye de casser la bille,
mais au lieu d'y parvenir il obtient une " gerbe " de nouvelles
billes qui représentent en quelque sorte la conversion de l'énergie
injectée sous forme de matière, sa "condensation"
sous forme de nouvelles particules, par ailleurs hautement instables. .

La physique des hautes énergie
déboucha sur ce qu'on a appelé " le modèle standard
". Un certain nombre d'expériences furent préparées,
découlant de ce modèle et, avec le temps, elles furent toutes
effectuées
, toutes celles qu'on pouvait faire avec les machines
existantes. On arriva alors à une nouvelle impasse. Pour aller plus
loin il fallait sophistiquer de nouveau le modèle, en visager de nouvelles
structures et, par delà, de nouvelles particules. Dans une voie qu'on
appelle la supersymétrie les particules sont alors associées
à une sorte de double, plus massif. Le neutron est ainsi associé
à une "neutralino", le photon à un "phototino",
etc. Mais comme ces masses de ces "super-particules" sont plus importantes,
pour progresser dans les expériences il faudrait mettre en jeu des
énergies encore plus importantes. Pour faire apparaître le "boson
de Higgs" les physiciens estiment qu'il leur faudra manier des collisionneurs
qui atteignent le Tev, le téra-électron volt : mille Gev ou
un million de Mev ou

1.000.000.000.000 électrons volts

Plus l'énergie est élevée
et plus la machine est grande et chère. On entre alors dans le domaine
de la ploutophysique, de la "physique chère" ( ploutos, en
Grec, veut dire cher ). Ca n'est pas seulement cher, c'est carrément,
positivement ruineux. Le film " coaché " par Greene montre
deux monstres-laboratoires en compétition : le Fermi Lab américain,
et un laboratoire qui est en cours de construction au Cern de Genêve,
sera achevé en 2007 et sera 7 fois plus puissant que la machine de
son concurent américain.

Qu'est-ce que cela signifie ? Que depuis
trente ans les physiciens théoriciens ont été livrés
à eux mêmes, privés d'un fil conducteur expérimental.
En physique, si on n'a plus l'expérience pour vous servir de guide,
de support, on peut alors faire ... n'importe quoi, et avec cette " fantastique
découverte " faite par Veneziano ils se sont alors lancés
dans une entreprises qu'on pourrait qualifier d'autistique.

Pourquoi ont-ils suivi une telle voie
? La réponse est simple : parce qu'ils n'en concevaient aucune autre,
tout simplement. En dehors des cordes, personne n'avait d'idée à
proposer. Par ailleurs la théorie des cordes était "merveilleusement
compliquée". Au passage, que faudrait-il pour faire des expériences
mettant en jeu des supercordes ? Ca se chiffre aisément. Ces objets
sont comme les mailles d'un pull, puisqu'ils constituent a priori tout : le
contenu et le contenant, comme ces pull sophistiqués qui présentent
des surface soient planes, soient pleines de reliefs, de torsades. Pour toucher
à ces structures, il faudrait pouvoir "faire sauter une maille".
Mais ce tissu est comme celui d'Alec Guiness dans le célèbre
film " L'homme au Complet Blanc ". Les mailles sont hyper solides
et serrées. Dimension caractéristique : la longueur de Planck
:

Lp = 10-33 cm

Le physicien expérimentateur, rompu
à l'approche quantique assimile aussitôt cela à une longueur
d'onde lambda. En sortant la constante de Planck de son chapeau :

h = 6,67 10-34

il fait aussitôt émerger une énergie caractéristique,
qu'il convertit en électrons-volts:

Résultat : 1025 Tev

1 0.000.000.000.000.000.000.000.000 de fois l'énergie de l'accélérateur
le plus puissant qui soit en construction actuellement !

L'expérimentateur hausse les épaules
et s'en va. Mais Misho Kaku, autre tenant de
ces "super-théories" vous dira qu'il s'agit "d'une physique
qui est trop en avance sur son temps". Elle a peut être ... des
millions d'années d'avance.

Je vais essayer de donner une image de
ce délire. Imaginez des gens qui veuillent comprendre ... la musique.
Comparons les particules à des instruments de musique, qui produisent
certains sons, avec certains timbres. Sons, timbres, représentent les
particules, leurs masses, leur charges. Détail : on ne sait pas pourquoi
elles ont ces masses-là et pas d'autres. C'est ... comme ça.
La musique, l'harmonie, constituent l'image analogique de tous les phénomènes
et des lois de la nature.

Quelqu'un, tout d'un coup, découvre
qu'un son, phénomène vibratoire périodique peut être
considéré comme la superposition de vibrations sinusoïdales
élémentaires, déphasées les unes par rapport aux
autres ( la "décomposition spectrale inventée par le mathématicien
français Fourier ). Celui qui a découvert cela décrète
alors qu'il a découvert une théorie permettant de créer
"tous les sons possibles" et même, carrément ... "toute
les musiques possibles". Mais si quelqu'un lui dit "quel son, quelle
musique suggérez-vous de créer ? " il ne saura quoi répondre.
Il ne sait pas quels sons considérer et n'a pas de notions d'harmonie
ou de rythmique à proposer. Son imagination musicale s'avère
même être parfaitement nulle. Il prétend seulement que
quand sa théorie fonctionnera elle sera capable d'engendrer "toutes
les musiques possible".

Cela me rappelle un professeur de dessin
que j'avais quand j'avais dix ans, au Lycée Carnot. Il nous recommandait
de dessiner en posant sur la feuille une sorte de frottis de crayon et ajoutait
:

- Comme ça vous êtes sûr que le bon trait
s'y trouve.

Ma mère, qui dessinait et peignait,
était de l'avis contraire et recommandait au contraire de chercher
à dessiner en ne traçant qu'un seul trait, d'un coup ( ceux
qui me conaissent savent que dessine d'ordinaire sans gomme ). Mon professeur
de dessin et moi étions donc d'avis contraire et je devins rapidement
pour lui un cauchemar vivant pour, de même que pour ceux qui lui succédèrent
parce que je me mis à faire des portaits de lui assez ressemblants,
ce qu'il était incapable de faire. En fait il dessinait comme un pied.

La théorie des supercordes n'est
pas une symphonie, c'est une cacophonie de cordes vibrantes, ouvertes ou fermées.
Les tenants de cette théorie pensent que tout peut et doit se réduire
à des modes vibratoires particuliers de cordes. Comme rien n'en
a émergé depuis trente ans ils ont imaginé de faire
vibrer ces cordes dans des espaces contenant un nombre plus grand de dimensions.
Dix, pour être précis. Tout devint alors compliqué à
souhait. A ce stade il y avait cinq façon d'engendrer des sons. En
1984 Witten, en ajoutant une dimension supplémentaire, ce qui porta
leur nombre total à 11, montra que ces cinq façons pouvaient
se réduire à une seule et il appela cela la " théorie
M ". C'est à dire qu'au lieu d'avoir cinq cacophonies, on n'en
avait plus qu'une. Il y eut un framissement dans la la salle, après
ce nième effet d'annonce. Mais on n'en fut pas plus avancé pour
autant.

Plus la théorie des supercordes
s'enfonce dans son vide conceptuel et plus elle essaye, pour échapper
au ridicule, de nous bourrer le mou en nous promettant monts et merveilles.
C'est ainsi qu'elle apparu il y a une dizaine d'année le concept de
TOE ( Theory of everything ou Théorie de Tout ). Franchement, ces gens
n'ont pas froid aux yeux et par ailleurs personne n'ose s'écrier "mais
c'est de la connerie et ça n'est que de la connerie !". Il ne
s'agit pas de scier l'unique branche sur laquelle tout le monde est assis.
En physique théorique et en cosmologie, en astrophysique, ce qui domine
actuellement, c'est l'esprit de corps.

- Quoi qu'il arrive, restons groupés.

- Ca n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut
fermer sa gueule. Si les gens veulent du nouveau on n'a qu'à inventer
des mots.

Comme dit Reeves :

- Moi, quand j'ai rien à dire, je le dis.

L'image de la conception des sons n'est
pas si mauvaise. Prenez une flûte. Comment s'y prend-t-on pour produire
des notes particulières ? Eh bien la partie de la flûte qui est
près de votre bouche produit "tous les sons possibles", c'est
à dire un bruit de fond, un "souffle". Avec le système
de trous ( certains étant ouverts et d'autres fermés ) on priorise
des modes particuliers de vibration. Dans cette optique la théorie
des cordes ressemble au Gaffophone de Gaston Lagaffe. C'est une flûte
où on peut envisager de mettre les trous d'une infinité de façons
possible. On peut même envisager d'ouvrir et de fermer ces trous d'une
autre infinité de façons. Bref avec cette "flûte
potentielle" on peut dire qu'a priori, en envisageant toutes les possibilités
de percer les trous puis de manipuler l'objet, qu'on dispose d'un instrument
qui est susceptible d'engendrer toutes les musiques possibles.

Quelle musique ? Aucun de ces théoriciens
n'en sait rien. Mais des cordes ont est passé au membranes. Un membrane
comme celle d'un haut parleur est, topologiquement parlant un disque, avec
un bord circulaire. Une corde ouverte est un segment bordé par deux
points. L'équivalent 2d d'une corde fermée est une surface fermée,
une 2-brane, la corde fermée étant une 1-brane, une "sphère
S1, à une seule dimension". Mais la géométrie indique
qu'on peut alors envisager des 3-branes, des 10- branes, etc, et tout devient
merveilleusement compliqué.

Dans le document diffusé par Arte
vous aurez pu entendre Greene ( the little greene man ) nous déclarer
que notre univers "pourrait être une brane" et "que le
Big Bang pourrait découler de la collision de deux branes".

Et ta soeur ?

C'est n'importe quoi. Ces gens s'en sortent
en déclarant avec emphase qu'il pourrait existe d'autres univers, correspondant
à d'autres branes.

  • Dans certains la vie pourrait exister. Dans d'autres les
    lois de la physique pourraient être totalement différentes
    ,
    dit Greene

Une pensée qui évolue dans
... la fiction et qui n'est que de la fiction.

Vous l'avez compris, le champ d'investigation
des supercordes et des branes est celui de "toutes les physique possibles".
Normalement, un type qui tient de tels discours, on le soigne, on lui fait
prendre des cachets, on lui conseille de se reposer. Souriau n'a pas tort
quand il dit que la physique théorique contemporaine ressemble à
un vaste hôpital psychiâtrique où les fous auraient pris
le pouvoir. Cela va même au point qu'un homme comme Veneziano ose affirmer
dans son discours d'ouverture lors de sa nomination au Collège de France
"que c'est de la recherche fondamentale". En fait on pourrait considérer
cela comme du surréalisme scientifique. Il y a des années
un groupe qui aimait à jouer avec le langage avait créé
l'OULIPO, ou "ouvroir de littérature potentielle". J'avais
connu certains de ses membres, dont le Lyonnais. C'était très
amusant. Vous vous rappelez peut être :

Les pantoufles volaient dans l'azur famélique Quand soudain apparut mon oncle d'Amérique Et les homards, volant à l'entour des portiques Afin d'y voir plus clair, enlevaent leurs tricots Et le pétrole, assis au borde de la route Regardait tout cela, en ne comprenant pas.

Extrait d'un ouvrage intitulé "la négresse blonde"
de Georges Fourest

C'est amusant, mais ça n'a ni queue,
ni tête et d'autre fonctionnalité que de nous faire rire. C'est
tout sauf un récit
. Peut être la théorie des supercordes,
qui se vent " élégante ", pour reprendre le mot de
Greene, n'a-t-elle d'autre prétention que de se hausser à la
hauteur d'un nouveau surréalisme. Quant on voit le texte ci-dessus,
il conserve un rythme. Ce sont des vers. Mais on pourrait supprimer les rimes,
abolir la grammaire, la syntaxe et même l'orthographe, envisager un
discours beaucoup plus riche, constitué de caractères mis bout
à bout, et de blancs, de virgules, de points, qui contienne "tous
les mots possibles " et "tous les récits possibles".
Quelle gain en richesse !

En fait, la théorie des supercordes
ressemble à une sorte d'expression d'un nouveau principe d'incertitude.

Plus le projet est ambitieux et moins il se révèle
fécond

Je terminerai ce texte par une simple
formule :

Ceux que leurs cerveaux de géants empêchent
de penser

J'ai 68 ans. Ma vie professionnelle est
un enchaînement de gâchis successifs, non-stop. Après avoir
réussi de très jolies expériences de physique des plasmas,
après avoir fait fonctionner en 1966, pour la première fois
au monde un générateur MHD avec deux températures au
lieu d'une, j'ai commencé par proposer des expérience dont personne
ne voulait entendre parler, comme de supprimer des ondes de choc autour de
maquettes immergées dans des courants gazeux supersoniques. Cela débouchait
sur un concept révolutionnaire : le vol hypersonique, le " vol
MHD " sans Bang. Une technique qui n'était pas de la science fiction
(dont les Américains ont fait depuis 1990 une
réalité volante
). Ces recherches ont été
étouffées, en dépit de dix années de
combat. On a délibérément laissé le blé
pourrir sur pied, sans le moissonner, jusqu'à ce que ce blocage, instrumenté
par ces imbéciles de militaires me contraigne à l'abandon, il
y a vingt ans.

Les responsables principaux ont des noms
et des visages, bien qu'ils soient récemment décédés.
Il s'agit de :

  • René Pellat, qui fut haut commissaire à l'Energie
    Atomique et Président du Cnrs

  • Hubert Curien qui fut successivement directeur du Cnrs, puis
    du Cnes, puis Ministre, puis directeur du Cern et que sais-je encore.

On leur doit, en France, un retard irrattrappable
de trente années en matière de MHD.

En astrophysique et en cosmologie, voyez
du côté de Schatzman, membre de l'Académie des Sciences.

En physique théorique on pourra
demander des comptes, dans vingt ou trente ans, à Thibaud Damour, cerbère
de l'Institut des Hautes Etudes de Bures sur Yvette, qui attend que sa théorie
de l'avant Big Bang, basée sur celle... des cordes mûrisse. Mais
à ce moment c'est moi qui aurait passé l'arme à gauche.
Et si un jour vous entendez des éclairs plus bruyants que d'autres
cela signifiera que, dans l'au-delà, je règlerai mes comptes
avec Pellat, Curien, Schatzman, voire Thibaud Damour

Elle est pas belle, la science ?


4 septembre
2005
: L'opinion de Philip W. ANDERSON, prix Nobel,
Princeton U, sur la théorie des supercordes

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au livre de Brian Greene " l'univers élégant "

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