La Matrice
26 août 2012
11 septembre 2012
30 septembre 2012 : Un GESTO relooké
1° Octobre,
UFO-science
:
Un éditorial de 36 pages
et
une vidéo d'une heure cinquante
J
’ai revu ces jours derniers le film Matrix, sorti en 1999. Seul le début du film me paraît réellement intéressant. Mais, sans doute pour des raisons commerciales le réalisateur a-t-il dû mêler à l’intrigue des combats, spectaculaires. Kung-Fu et compagnie. La fin du film commence par une boucherie à haut rythme. Neo et Trinity flinguent des dizaines de terriens casqués. Puis on centre sur un combat final entre " l'élu " est " l'agent Smith ", chacun usant de ses "super-pouvoirs". Frappes accélérées, effets spéciaux et spatiaux. Neo, le Christ du XXI° siècle, arrête les balles grâce à son mental, etc....
Chiant, banal, mais "nécessairement commercial". Sans cela le film n'aurait probablement pas marché.

Les héros de Matrix : Trinity, Neo et Morpheus
Ce que je retiens de ce film, c’est une allégorie très pertinente du monde que nous voyons se développer chaque jour un peu plus, sous nos yeux (mais nous aborderons ce parallèle après pas mal de digressions au passage).
Quelle est la trame du scénario ? Un jeune homme, Neo, informaticien travaillant dans une grande société, dans la journée, est un hacker très adroit, menant une double vie. C’est par l’intermédiaire de son ordinateur qu’il entre en contact avec des individus mystérieux, dont le leader est un certain Morpheus.
En même temps que ce groupe tente d’établir le contact avec lui, d’autres personnages, tout aussi mystérieux, porteurs de lunettes noires, et d’une froideur insigne, s’emparent de lui et introduisent dans son corps, par son nombril, un implant.

Un des "agents" au service de la Matrice
Il se réveille dans son logement, se demandant s’il a été ou non victime d’une hallucination, si cette histoire d’introduction d’implant correspond ou non à un mauvais rêve.
C
’est alors que le groupe tournant autour de Morpheus s’empare de lui et l’enlève dans un véhicule. Une femme le menace d’un revolver, tandis que la seconde applique sur son nombril un « extracteur d’implant ». Nero voit alors une chose sanguinolente et mobile, ressemblant à un insecte, se retrouver dans une capsule transparente.
- Alors, c’était donc vrai ! dit-il ….
Un choix lui est alors offert. Ou il suit les consignes qu’on lui donnera, ou il descend du véhicule.
Il choisit la première option, et se retrouve alors face à Morpheus. Celui-ci lui explique que sa vie qu’il mène n’est pas vraiment réelle. Il lui propose de faire face à la réalité, en effectuant un choix, que celui-ci lui propose. Il a dans ses mains deux pilules. L’une bleue, l’autre rouge. S’il choisit la pilule bleue, le monde restera tel qu’il le perçoit. S’il choisit la rouge, tout pourra alors changer, mais ce nouvel état de conscience deviendra alors irréversible.
Neo choisit d’avaler la pilule rouge.
Tout cela me rappelle la présentation que le milliardaire américain Jimmy Walter avait donnée du premier document vidéo-enquête, allant contre la version officielle des événements du 11 septembre 2001, qui avait fait irruption sur le net.
Celui-ci, par ailleurs à ce que je crois assez gravement malade (je ne sais ce qu’il est devenu) avait décidé de consacrer un peu de l’argent dont il pouvait disposer pour financer un colloque qui s’est tenu, je crois, au Waldorf Astoria de New York. Walter avait financé la venue de contestataires, d’experts, ainsi que l’enregistrement, le montage de cette manifestation. Puis, à partir de cela il avait fait éditer un grand nombre de DvD, diffusés gratuitement à qui voudraient en faire la demande.
Je sais qu’il était venu en France et avait parlé devant des journalistes, en distribuant ce document. Il avait été étonné que ceux-ci ne lui donnent aucun écho.
Enfin, dernier acte de ses entreprises, il avait payé l’hébergement d’un site internet, à partir duquel le film, « Confronting the Evidence » ( Faire Face à l'Evidence ) , qui durait si je me souviens bien 3 heures, était « visionnable ». Le fichier vidéo était par ailleurs sous-titré en un grand nombre de langues.
Al’époque j’avais déjà publié sur mon site nombre de réflexions personnelles sur ces événements du 11 septembre 2001. Quand j’ai vu apparaître cette vidéo, j’ai immédiatement lancé cet appel sur mon site :
- Je ne sais pas personnellement comment sauver ce fichier. Mais, que ceux qui peuvent le faire le fassent, car ce site ne tardera pas à disparaître de la toile.
Ceci fut fait par un très petit nombre d’internautes. Deux ou trois purent sauver le fichier image et les fichiers son correspondant au français et à l’anglais. De justesse, car je crois qu’il ne s’écoula pas quarante huit heures avant que le site où cette vidéo était accessible ne disparaisse.
Ce fut un événement marquant, dans l’histoire d’internet. La censure n’avait pas été assez rapide. Le fait que plusieurs internautes aient mis de côté ces fichiers faisait qu’il devenait alors bien difficile de les bloquer.
Je crois que c’est ce qui donna naissance au site reopen 9/11
J
’ai encore en mémoire la présentation de Jimmy Walter.
Aun moment, celui-ci dit :

Dans la partie 1, Quand Jimmy Walter fait sa présentation. A t = 3 min 33
La courte séance vidéo, en avi
Ce brave Jimmy Walter dit "
préparez-vous, le réveil va être brutal
".
Walter se faisait des illusions. Ce ne fut pas brutal. Dix ans plus tard, en 2011,
il n'y eut pas de réveil du tout

.
Tout dans une simple image.
Et dans cette autre :

Des milliards d'être humains et des millions dans notre pays, retournèrent se rendormir consommer des rêves artificiels dans leurs baignoires individuelles emplies de gelée rosâtre. Aucun écho dans notre presse, au point que j'ai jugé inutile, comme pour d'autres sujets, de tenter de réveiller mes lecteurs, décidant de concentrer le peu d'énergie qui me restait, à 75 ans, sur les dangers du nucléaire. C'en est au point que la revue inrockuptible m'a envoyé récemment une jeune journaliste, venue enquêter sur " les conspirationnistes ", dont je faisais partie, disait-elle ( elle s'était fondée sur la "vox populi" des forums internet ).
Al’époque où la vidéo de Walter était sortie, comme je n’avais pas vu le film Matrix, je n’avais pas compris l’allusion. Aujourd’hui elle est devenue pour moi très claire.
D'après ce que j'ai pu lire, à la fois dans Wikipedia et dans le site d'une association humanitaire qu'il sponsorise, menacé, il vivrait en dehors des Etats-Unis. Voici en tout cas, immédiatement fournis par un lecteur, les liens vers ce document vidéo, enregistré en 2004, trois ans après les évênements et ... il y a huit ans.
http://www.dailymotion.com/video/xecpx_911-confronting-the-evidence-1-3_news
http://www.dailymotion.com/video/xecqv_911-confronting-the-evidence-2-3_news
http://www.dailymotion.com/video/xecsa_911-confronting-the-evidence-3-3_news
Revenons maintenant au film Matrix. Ayant choisi cette pilule rouge, Neo va s’extraire de cette simulation de la vie dans laquelle il se trouvait enfermé. Je vois cette scène comme une allégorie très forte.
Au lieu de s’imaginer qu’il vit comme un simple programmeur, travaillant pour une société, « payant ses impôts et aidant sa logeuse à sortir ses poubelles » il se retrouve baignant dans une sorte de baignoire emplie d’un liquide rosâtre. Son corps est muni de multiples tuyaux.
En jetant un œil aux alentours, il peut voir un nombre illimité d’êtres humains, maintenus dans une semblable situation, baignant dans ce jus rosâtre, couplés à une multitude de tuyaux.

Vous reconnaissez-vous dans un de ces box ?
J'ai trouvé cette image très forte.
Il parvient à échapper à cette sinistre prison, et se retrouve « quelque part », en compagnie de Morpheus et de ses nouveaux compagnons. Ceux-ci « vivent » dans un « vaisseau », et ont échappé à ce qu’ils appellent « la Matrice ». Le corps de Neo est constellé de cicatrices qui marquent les endroits où de multiples tuyaux assuraient « ses fonctions vitales », son maintien dans cette sorte de pseudo-vie.
Après que ces gens « aient reconstitué ses muscles » commence alors un parcours initiatique, mené par Morpheus. Celui-ci fait un retour sur l’histoire, en évoquant le fait que « les machines » auraient pris le pouvoir sur une Terre que ses habitants humains auraient ravagée et transformée en monceau de ruines.
«
Les machines
», devenues intelligentes, se seraient aperçu qu’elles pourraient tirer de l’énergie des êtres humains, une forme de bio-énergie, à condition d’en faire des esclaves, des prisonniers qui seraient alimentés en substances permettant leur croissance et leur autorisant « une forme de vie »,
totalement virtuelle
(nous y courons à grandes enjambées). En échange « ces machines » profiteraient de toute cette énergie naturellement dégagée par les corps des humains.
Pour les maintenir dans cet état de servitude, « ces machines » auraient créé toutes sortes de programmes interaction qui distilleraient à ces êtres humains, véritables légumes, des stimuli que ceux-ci percevraient comme «le monde dans lequel ils vivent ».
Un « monde » extrêmement bien fichu, qui pourrait survivre indéfiniment, s’il n’y avait quelques « rebelles », menés par Morpheus, ayant par je ne sais quel miracle échappé à cette servitude. Des rebelles qui se débrouillent pour contacter d’autres êtres humains, en les arrachant à leur condition de zombies, pour autant qu’ils acceptent d’atterrir dans cette « vraie vie », qui n’est pas des plus agréables. Dans le « vaisseau », le confort est réduit et la nourriture médiocre.

Ce monde « des machines » a sécrété une sorte de « police », traquant ces rebelles. Ce ne sont pas des êtres humains, mais des programmes de localisation, et de destruction.
Une vision assez extra-ordinaire, au sens littéral du terme.
Je voudrais, dans ce qui suit, tenter de décoder cette allégorie, et dire comment je vois les choses.
L'homme : un mammifère symbiotique
Depuis que l’homme a appris à tailler des pierres et à faire du feu, depuis qu’il a connu ce développement « extra-biologique » en développant la technologie, sous toutes ses formes, il est devenu une créature
symbiotique
, vivant en symbiose avec le
machinisme
qu’il avait créé.
Au départ, cette symbiose se limite au corps. Ses couteaux, ses lances, sont des crocs artificiels. Les vêtements qu’il se crée le protègent du froid, deviennent une peau artificielle. Cela permet sa survie. Très vite, ces attributs extra-corporels lui deviennent indispensables,
vitaux
. Sans ses armes, il serait dévoré. Sans vêtements, le froid aurait raison de lui.
Le feu devient un apport technologique étonnant. Il lui apporte des calories, par temps de froidure. Sa lumière lui permet de s’aventurer dans des lieux obscurs, comme des grottes, et d’y résider. La cuisson des aliments les rend plus digestes. Cette « digestion extra-corporelle » ouvre à l’homme une gamme de produits alimentaires plus étendue.
Ace stade, il est déjà totalement symbiotique, au sens où si on lui enlevait ces attributs, ou « gadgets »
il ne survivrait pas.
Il invente les armes de jet, tuant à distance, à des distances de plus en plus grandes. Il manie le poison, ce qui lui permet d’avoir raison d’animaux beaucoup plus forts que lui. Il s’invente des armes défensives : des boucliers, des armures.
Le développement de son langage articulé ne découle par d’une nouvelle symbiose. L’homme utilise seulement plus efficacement ses capacités de phonation, que les primates ne possèdent pas. Ses capacités de communication s’en trouvent accrues.
L
’écriture représente un pas de plus dans le symbiotique. Qui dit écriture dit support matériel. Et celui-ci acquiert immédiatement la capacité
de propager les messages dans l’espace et dans le temps
. Ce que la tribu, le groupe, transmet ne se limite plus à une tradition orale, mais recèle des possibilités illimitées.
L
’invention du papier, puis de l’imprimerie démultiplie les possibilités de communication, et de « bourrage de crâne », de véhicule d’idéologies diverses et variées, de structuration d’ensembles de croyances.
Développement de la symbiose homme-machine
J
’ai vu ces jours ci une vidéo sur la machine de Watt. Avant cette invention, l’homme savait déjà utiliser des éléments naturels pour obtenir une force de travail : une chute d’eau, le vent. Il avait aussi domestiqué des animaux de trait. Watt créé la première véritable machine, qui accroît
la symbiose homme-machine.
Je crois qu’à ce stade nous pouvons sauter résolument à l’époque moderne. Passons sur les innombrables retombées et variantes issues du développement de la technologie. De nos jours, qu’y a-t-il de véritablement nouveau ?
Si on se situe au niveau de la seconde guerre mondiale, pas grand chose, de fait. La radio a remplacé le coursier ou le pigeon voyageur et les bombardiers les antiques balistes. C’est seulement en 1945 que l’humanité entre dans une nouvelle phase de sa symbiose homme machine, avec l’apparition de l’arme nucléaire, qui connaît vite un développement démentiel,
hypertélique
(traduisant un "dépassement de finalité" sans précédent). Son non-usage réside dans l’impossibilité, jusqu’ici, de miniaturiser les armes nucléaires. Qu’il s’agisse d’engins à fission ou à fusion, on ne sort pas de ce seuil inférieur des 300 tonnes d’équivalent TNT, nécessaire pour constituer la masse critique.
Pour ceux qui ignorent ce concept, une explosion nucléaire, par fission, de déclenche par réaction en chaîne quand on assemble, selon une géométrie compacte, une masse donnée, dite "masse critique".
- Elle est de 48 kilos pour l'uranium 235 et de 10 kilos pour le plutonium 239.
Cette masse peut être réduite si le métal se trouve comprimé, sous l'effet d'une très forte pression, créée par des explosifs, disposés en périphérie d'une sphère creuse, constituée de matière fissile. C'est ce qui a pu être expérimenté pour la première fois, le 16 juillet 1945 à Alamogordo, en faisant exploser l'engin "Gadget", sphéroïdal, pendu en haut d'une tour et constituant l'essai Trinity (Trinité). 24 jours plus tard, le 9 août 1945 une bombe identique dans son fonctionnement, bapitisée "fat man" ( le gros homme ), fut larguée sur Nagasaki.

L'engin au plutonium Fat Man
Le "percuteur" est en matériau lourd, en l'occurrence de l'Uranium 238 (plus lourd que le plomb). Quand la fission démarre, le plasma de fission entre aussitôt en expansion, ce qui éloigne les atomes les uns des autres et stoppe de facto les réactions en chaîne. Ainsi seule une petite fraction du matériau fissile connaît-il des réactions de fission. Sous cet aspect, la bombe A est un système à confinement inertiel (grâce à l'inertie du "percuteur"). .
On a tendance à croire que ce second bombardement avait été fait pour "tester une bombe au plutonium".
La première bombe de l'histoire, lâchée sur Hiroshima, était un engin à l'uranium.

Extrait de Wikipedia : la structure de la bombe à uranium "little boy"
Il n'est pas sûr que ce schéma soit parfaitement authentique. En effet il manque à celui-ci quelque chose sans laquelle cette bombe ne pourrait pas fonctionner. Si l'âme du canon était emplie d'air, sa compression s'opposerait à l'assemblage des deux pièces en uranium. Il aurait été préférable alors de faire le vide dans celle-ci. Modulo des précautions pour qu'une entrée d'air ne déclenche pas le départ intempestif du projectile.
La bombe au plutonium fut la première expérimentée, à Alamogordo, sur le territoire des Etats-Unis, le 16 juillet 1945 (essai "Trinity"). C'était un engin sphérique, baptisé "Gadget", qui explosa, suspendu en haut d'une tour.

L'essai de la première bombe à fission, au plutonium, à Alamogordo, le 16 juillet 1945
Ce plutonium 239, lui aussi fissile, avait été synthétisé (ayant une demi-vie de 24.000 ans, il n'existe pas à l'état naturel, sur Terre) en faisant fonctionner un réacteur à uranium, construit à Hanford, au bord de la rivière Colombia, à pleine puissance, produisant des neutrons rapides, amenant la transmutation d'uranium 238, non fissile, en plutonium 239, qui l'est. Ce développement a été hyper-rapide. Le premier réacteur à uranium, construit par l'Italien Enrico Fermi, a fonctionné sous les gradins du stade de Chicago, en 1942. Il a marché tout de suite, et a été immédiatement extrapolé d'un facteur mille.

Vingt quatre jours après le même engin, ayant reçu un habillage, explosa au dessus de Nagasaki. Ce test ne fut effectué que pour juger de l'effet produit par la bombe au plutonium 239 sur les bâtiments et sur la population civile. La première bombe, larguée sur Hiroshima, aurait pu permettre d'impressionner suffisamment l'état major japonais pour entraîner la reddition des Nippons. Au cas où cette reddition aurait tardé, la seconde bombe aurait pu être alors employée.
Je remarque au passage que l'uranium 235 et le plutonium 239 ne sont pas les seuls atomes susceptibles de donner lieu à des réactions en chaîne, à des "dissociations autocatalysées" (par les neutrons émis).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Masse_critique_%28r%C3%A9action_nucl%C3%A9aire%29
mais l'uranium 235 est le seul atome fissile qu'on trouve à l'état naturel, à l'état de traces (0,7%) dans le minerai, du fait de sa demi-vie suffisamment longue (700 millions d'années). Comme nous le verrons plus loin, tout ce qu'on trouve dans le sol terrestre a été produit lors de l'explosion de supernovae. Seuls les éléments ayant des demi-vies suffisamment longues ont survécu. Les autres ne se trouvent pas dans la croûte terrestre à l'état naturel.
Grâce au système menant à la compression d'une sphère creuse (essentiellement de plutonium) la masse critique a pu être réduite à quelques kilos. Mais ces armes pèchent par leur puissance et leur toxicité. Il est alors bien difficile de les employer sans que l'attaquant ne risque de subir lui-même des retombées radioactives dommageables, du fait de l'emporte, dans la haute atmosphère des débris radioactifs, du fait de l'ascendance engendrée par le fort dégagement de chaleur. Il faut ajouter aussi l'aspect " équilibre de la terreur ", "effet MAD" ( mutual destruction assured ).

On utilise quand même l'arme nucléaire sous la forme « discrète » constituée par les obus en uranium 238 (dit en « uranium appauvri »). C’est le ré-emploi des résidus d’enrichissement, à partir du minerai naturel, qui ne contient que 0,7 % d’uranium fissile. L'argument est que l'uranium 238 est à la fois plus lourd que le plomb, et assez compact pour pouvoir percer d'épais blindages.
Mais, en dehors de ce pouvoir perforant, l’uranium 238 est
pyrophorique
, il brûle à merveille dans l’air, donnant des fumées que « l’ennemi », ou « la population civile à punir", ou "à mettre au pas » respirera, ou des déchets pulvérulents qui seront ingérés, avec des effets tératogènes.
Il y a eu des traités concernant l’emploi de mines anti-personnel, mais rien concernant cette nouvelle arme.
Ace stade, une remarque s’impose. Les matériaux dont sont faites les planètes telluriques, solide, sont le résultat de
l’accrétion
de débris créés par les explosions des supernovae. Sans développer un cours complet sur les mécanismes de la
nucléosynthèse
,
on signalera que l’univers primitif est constitué par des noyaux d’hydrogène, de simples protons, mélangés à des électrons, le tout constituant un plasma.
Digression sur la nucléosynthèse
Tant que la température de la soupe cosmique est supérieure à un milliard de degrés, aucun noyau ne peut se former. Quand cette température descend en dessous de ce seuil, au bout de 3 minutes, de l’hélium se forme. C’est la première
nucléosynthèse.
Elle s’arrête au bout de 35 minutes, quand la température tombe en dessous de 300 millions de degrés. A l’issue de ce processus, le cosmos est composé de 75 % de noyaux d’hydrogène et de 25 % de noyaux d’hélium (deux protons et deux neutrons).
L
’univers connaît alors une longue période de latence. Rien d’autre ne peut se former. Ce qui donnera naissance aux galaxies, puis aux étoiles, c’est un mécanisme découvert par l’anglais
sir James Jeans
(1877-1946) :
l’instabilité gravitationnelle
En consultant sa page dans wikipedia, je découvre quelques pensées de lui :
Le flot de la connaissance pointe vers une réalité non-mécanique ; l'univers commence à ressembler plus à une grande pensée qu'à une machine. L'esprit n'apparaît plus être un intrus accidentel dans le domaine de la matière... nous devrions plutôt le saluer comme le créateur et le gouverneur du domaine de la matière.
La vie existe dans l'univers seulement parce que l'atome de carbone possède certaines propriétés exceptionnelles
.(extrait d'un de ses nombreux ouvrages de vulgarisation : L'univers mystérieux). »
L'atome de carbone est tétravalent. Il a la possibilité de s'allier à différents atomes, en donnant une foule de composants. Ces liaisons peuvent se faire, se défaire et se modifier à une température proche de "la température ordinaire" c'est à dire entre celle de l'eau bouillante et celle de la glace fondante, ce qui donne la biochimie. On sait que la vie s'accommode de températures proches de ces deux températures extrêmes.
Achetez vite le Science et vie d'août 2012

Ce basculement est historique. Page 64 la revue évoque des numéros passés, dont deux datant des années 2000, où l'idée de l'unicité de la vie terrestre était toujours brandie.

Mais là, la revue bascule. Des planètes telluriques ont été découvertes, au sein des 800 exo-planètes découvertes depuis 15 ans. Parmi celles-ci des candidates que leurs orbites placeraient "dans la bande de l'eau".
Les arguments ?
-
On trouve de l'eau partout dans l'univers (page 58)
-
La plupart des systèmes planétaires ressemblent finalement au nôtre. Des systèmes plats (avec un "plan de l'écliptique"), des planètes telluriques près de l'étoile, de grosses planètes géantes en périphérie. Des orbites de faible excentricité. Bref, des systèmes stables (page 59)
-
La vie peut coloniser les lieux considérés jusqu'ici comme invivables. Dans les profondeurs marines, des bactéries se développent près de sources thermales où la température avoisine les 100° C. Même chose vis à vis des pressions, du ph, du caractère acide ou basique du milieu (page 62).
-
Les supernovae ne sont pas si nocives (page 63).
-
Il n'y a pas besoin d'une Lune pour stabiliser la rotation d'une planète et faire que la vie émerge (page 65).
Sur ce dernier point les savants raisonnements des spécialistes invoquaient
la théorie du chaos
, le fait que le mouvement de la Terre pouvait être ... chaotique, être impropre au développement de la vie. Seule la présence de son satellite pouvait stabiliser son mouvement de rotation. On oublie que la "théorie du chaos" modélise le mouvement des planètes comme des sphères massives et rigides. Cette théorie fait l'impasse sur
les mécanismes dissipatifs
, sur
les effets de marées
. Ces effets de marée jouent sur tous les astres, qu'il s'agisse du Soleil, ou des planètes gazeuses, ou des planètes telluriques. Ils se traduisent pas un brassage du milieu (sous forme de plasma dans le soleil, de gaz, de liquide ou de magma dans les différentes planêtes), génératrice de chaleur, qui est alors dissipée dans l'espace sous forme de rayonnement.
Or ces effets de marée sont la clé de toute la dynamique du système solaire. Ce sont eux qui font converger (très rapidement) la ronde inorganisée des proto-planètes autour de leur étoile solaire. Parmi tous ces astres, celui qui va imposer le plan de l'écliptique ,
c'est celui qui possède le plus grand moment cinétique MRV
, en l'occurrence Jupiter.
Un Jupiter qui amènera le soleil à ajuster son axe de rotation pour qu'il se place perpendiculairement au plan de l'orbite "du roi des dieux". Car le moment cinétique de Jupiter, correspondant à son mouvement de rotation autour du centre du système solaire est supérieur à celui du Soleil, masse également en giration autour de ce centre.
Les planètes
échangent des l'énergie par effet de marée
, en utilisant la masse informe du Soleil comme résonateur. Souriau a calculé que les planètes soulevaient la surface du Soleil d'un centimètre, ce qui est énorme. Toute planète crée cet effet de marée sur le Soleil qui, n'étant pas solide "répond" à toute sollicitation, d'où qu'elle vienne. Le champ gravitationnel est ainsi modifié et cette modification est perçue par tous les corps orbitant autour du Soleil. C'est ainsi que les planètes échangent de l'énergie "par Soleil interposé". Comme cet effet varie comme l'inverse du cube de la distance, Saturne agit autant sur l'orbite de Mercure que Mercure sur l'orbite de Saturne. Les orbites se couchent dans le plan de l'écliptique et se circularisent. Les axes de rotation des planètes évoluent pour se placer perpendiculairement au plan qui est devenu celui où l'on trouvera le plus de matière, le plan de l'écliptique. Comme les planètes tournent, ce redressement de leurs axes de rotation ne pourra se faire que très progressivement. D'où un mouvement de
précession.
Vous voulez avoir une idée de ce mouvement de précession ? Achetez un petit gyroscope dans le premier magasin de jouets venu, et au lieu de le poser sur une table, suspendez-le à une ficelle, vous le verrez faire ceci :

Mouvement de précession de l'axe du gyroscope suspendu
dont l'axe tendra à devenir vertical
En remarquant quand même qu'il faudra bien un jour trouver une explication aux diverses anomalies présentées par le système solaire, comme le fait que l'axe de rotation d'Uranus, planète géante, est complètement couché sur le plan de l'écliptique.
Passons ....
L'explosion du nombre des exo-planètes
D'où, très vite, un calcul statistique : l'univers contiendrait
10.000 milliards de milliards de planètes habitables !!
Détail intéressant, que relèveront ceux qui savent :
il semblerait que les planètes "viables" orbitent autour des etoiles les plus communes de notre galaxie, qui ne sont pas identiques à notre soleil. Page 60, on lit " en huit ans, le spectrographe Harps a en effet recruté 102 étoiles, dites naines rouges, découvert 9 planètes rocheuses, et leur a offert un nombre fondamental : 41% des étoiles naines rouges possèdent une planète rocheuse dans la zone habitable. Ce sont des astres dix fois moins massifs que le Soleil et 100 fois moins émissifs. Or ces étoiles représentent 80 % des étoiles de la voie lactée, laquelle recèlerait des dizaines de milliards de planètes habitables ! ".
Les étoiles de type naines rouges ont des températures superficielles inférieures à 4000°, alors que celle du soleil est de 5.750°.
L'étoile étant moins émissive, pour que la planète se situe dans la bande de l'eau, il faut qu'elle soit plus proche. Comme le carré des temps de révolution varie comme le cube des grands axes, l'année de ces planètes sera aussi plus courte que la nôtre. Si l'axe de révolution est incliné vis à vis du plan de rotation, les saisons seront ... plus courtes ! De combien ? Faites le calcul avec un facteur 100 sur l'insolation. Le rayon de l'orbite est dix fois inférieur à celui de l'orbite terrestre. La période de rotation est 31 fois inférieure à celle de l'orbite terrestre, ce qui donne des années de 12 jours, et des saisons de 3 jours !
Si la vie se développait préférentiellement sur des planètes, orbitant dans la bande de l'eau, autour d'étoiles moins chaudes, moins émissives que notre soleil, cela signifierait que la majorité des planètes porteuses de vie ne connaîtraient pas le phénomène des saisons. Simple remarque.
Evidemment, plus la température superficielle de l'étoile est élevée et plus longue est "l'année". On passerait de dizaines de jours à quelques mois. Why not ?
Ce qui est intéressant, c'est qu'au lieu de perdre du temps à attendre, à Arecibo, un éventuel message envoyé par une civilisation extraterrestre, avec un moyen aussi primitif et aussi lent que les ondes radio, les astronomes se sont centrés sur la recherche d'une mesure apportant des précisions sur l'atmosphère d'une de ces planètes, en cas d'éclipse. Si les données spectroscopiques révèlent la présence d'oxygène à l'état libre, de divers "bio-marqueurs", cela trahira la présence de vie sur cette planète.
Par quelle forme de vie ? Là est la question. La capacité imaginative de nos journalistes scientifiques piétine alors. On lit, page 73 :
- S'il y a une vie unicellulaire, il y a une possibilité pour qu'elle soit multicellulaire. Il pourrait alors se développer tout un écosystème , avec de nombreuses espèces différentes (page 71).
Quelle audace, vindié !
Les mentalité évoluent lentement. Hubert Reeves, 80 ans maintenant, a même remarqué que la Nature, au niveau atomique et moléculaire, faisait preuve de peu d'imagination. Y aurait-il alors des chemins préférentiels, empruntés par la vie, hasarde-t-il ? Puisqu'on trouve de l'acide formique dans les nuages interstellaires, pourquoi ne pas évoquer un tel .... manque d'imagination au niveau du développement de ces ... êtres multicellulaires. Delà à envisager qu'ailleurs émergent des êtres humanoïdes, avec deux yeux, deux bras, deux jambes, il n'y a qu'un pas.
Ma foi, j'imagine qu'il faudra attendre encore une bonne quinzaine d'années avant de voir éclore cette idée dévastatrice dans cette revue. N'allons pas plus loin sur cette pente glissante, génératrice d'excommunication.

Toujours la nucléosynthèse
Avant de parler de « la Matrice », évoquons rapidement son support matériel. Quand les étoiles se forment, la nucléosynthèse reprend. Au cœur des étoiles, des atomes d’hydrogène fusionnent pour produire de nouveau de l’hélium. Ceci s’effectue de deux manières différentes, selon la masse de l’étoile. Dans les étoiles de masse modeste cette synthèse s’effectue directement. On trouvera le schéma de ce processus, intitulé « chaîne proton-proton » dans
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fusion_nucl%C3%A9aire
Dans celles dont la masse est plus élevée, l’hélium est produit au long d’un cycle « Carbone-Azote-Oxygène » où le carbone joue un rôle de catalyseur (il est recyclé à chaque cycle).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cycle_carbone-azote-oxyg%C3%A8ne
J
’ai traduit de l’anglais en 1989 l’ouvrage « Les Etoiles », de la collection Time-Life.

Traduit de l'anglais par ... Jean-Pierre Petit
Si certains retrouvent cet ouvrage, à couverture grise, dans une bibliothèque, ou d'occasion, ils pourront y découvrir mon nom, en dernière page, et en caractères minuscules. L’iconographie était hideuse, mais le texte m’a passionné.
Sur le net :
http://www.amazon.fr/Les-Etoiles-Time-Life-Books/dp/273440480X
En feuilletant l’exemplaire dont je dispose, je retrouve des données. Les étoiles massives, dont la masse dépasse 8-12 masses solaires, « brûlent leur hydrogène par les deux bouts". Au bout du compte, en moins d’un million d’années, elles ont épuisé ce « carburant type de fusion».
Les atomes
d’hélium
fusionnent alors pour donner des éléments plus lourds : le
carbone
(12 nucléons, en fait un « assemblage » de
trois noyaux d’hélium
),
et de l’
oxygène.
(16 nucléons : l’assemblage de
quatre noyaux d’hélium
).
Les réactions de fusion créent alors du
néon
(20 nucléons, 10 protons et 10 neutrons, l’équivalent de l’assemblage de
cinq noyaux d’hélium
),
et du
magnésium
( 24 nucléons, 12 protons et 12 neutrons : l’équivalent de l’assemblage de
six noyaux d’hélium
).
Puis se forme du
silicium
: (28 nucléons, 14 protons et 14 neutrons, l’équivalent de l’assemblage de
sept noyaux d’hélium
).
et du
soufre
: (32 nucléons, 16 protons et 16 neutrons, l’équivalent de l’assemblage de
huit noyaux d’hélium
).
- La synthèse de l’oxygène et du carbone : un million d’années - Celle du néon et du magnésium : mille ans - Celle du silicium et du soufre : moins d'un an
L
’étoile ressemble alors à un oignon, les éléments se distribuant en couches successives, ordonnés selon leur masse.
C
’est là que les choses se gâtent. En quelques jours le silicium et le soufre donnent
du fer
. Jusque là les réactions de fusion étaient
exo-énergétiques
. Ce dégagement d’énergie chauffait le cœur de l’étoile, et la pression qui en résultait parvenait à contrarier un effondrement suscité par la force de gravitationnelle. Pour que les choses puissent continuer selon cette logique, il faudrait que le fer à son tour, puisse se combiner avec n’importe quel élément présent dans l’étoile, pour continuer à produire de l’énergie. Or cela s’avère impossible.
Le fer devient la cendre des réactions de fusion
.
Et la cendre, ça ne brûle pas.
Qu'est-ce que la cendre ?
Quand vous contemplez un feu dans un âtre, vous êtes face à une architecture constituée par un empilement de bûches. Quand celles-ci se consument, cette architecture s’effondre progressivement. Quand tout est consumé, il n’y a plus dans la cheminée qu’une couche de cendre grise. La force de gravité a gagné la partie. Les forces de liaisons entre les différentes molécules qui constituaient le bois ont été détruites une à une. Une bonne partie du carbone s’est combiné avec l’oxygène de l’air en donnant du CO2, qui a filé dans la cheminée. Mais que reste-t-il ?
La cendre de bois
, c’est quoi ?
-
20 à 25 % d’oxyde de calcium (chaux vive)
-
13 % d’oxyde de potassium (potasse) et d’oxyde de sodium (soude)
-
9 % d’oxydes divers, de magnésium, de fer.
Le compte n’y est pas. Référez-vous à l’encyclopédie. Un constat : le feu fonctionne avec des réactions exothermiques d’oxydation, par l’oxygène de l’air. Mais les oxydes, c’est bien connu, ça ne brûle pas.
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