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Revenons à cette classe d'homotopies des immersions du tore dans R3

En résumé (grâce à un LLM libre auto-hébergé)

  • L'article explore les homotopies des immersions du tore dans R3, en utilisant des transformations C.
  • Il présente des opérations comme l'auto-traversement et la création de points cuspidaux pour modifier la forme du tore.
  • Des exemples de surfaces comme la bouteille de Klein et la surface de Boy sont discutés, ainsi que leur relation avec le tore.

Revenons à cette classe d'homotopies des immersions du tore dans R3 Revenons à cette classe d'homotopies des immersions du tore dans R3. On peut relier aisément les deux objets montrés à l'aide d'une transformation "C". On prend un tore et on "l'auto-traverse" quelque part, en créant une ligne de point doubles qui est un cercle : Image1010.gif (1819 octets)

J'ai mis "deux couleurs" : gris pour l'extérieur du tore, blanc pour l'intérieur. L'auto-traversement ci-dessus (qui conduit à une des infinités d'immersions possibles du "tore standard") fait donc apparaître une partie blanche de la surface.

Observons cet objet à partir d'un point situé sur l'axe du tore :

Image1011.gif (1218 octets)

En haut, la portion de l'intérieur (blanche) du tore, que l'auto-traversement a fait apparaître. Nous pouvons alors mettre en œuvre une "transformation C" et créer deux points cuspidaux. Image1012.gif (1364 octets)

Au point indiqué par la flèche on "étrangle" un passage. L'opération crée deux points cuspidaux C1 et C2 :

Image1013.gif (1375 octets)

qu'on peut faire migrer comme ci-après :

Image1014.gif (1541 octets)

Il ne reste plus qu'à opérer une transformation C-1 (confluence deux points cuspidaux) :

Image1015.gif (1366 octets)

On obtient l'objet : Image1016.gif (1518 octets)

Cette immersion du tore est homotope au tore standard.

On voit que cette opération " C " et son inverse "C-1 " , qui étendent l'univers des immersions à celui des cisaillements de surfaces dans R3 permet de faire des choses intéressantes. On peut construire l'ensemble des cisaillements des surfaces classiques (Sphère, plan projectif, tore et bouteille de Klein). Combien cet ensemble possède-t-il de classes ?

On a vu que la sphère et le plan projectif appartenaient alors à une même classe (de même que la surface de Boy droite et la surface de Boy gauche). Combien y a-t-il de classes de cisaillement du tore ? Je crois, sauf erreur, que ce problème n'est pas, présentement, résolu. Peut-on, à l'aide d'opérations C passer d'une classe d'immersion du tore à une autre, ou non ? Intuitivement, j'aurais tendance à répondre que non, mais il ne s'agit là que d'une conjecture.

Une construction ne peut pas démontrer une impossibilité, mais illustrer une possibilité. Si quelqu'un trouve des constructions permettant de sauter d'une classe à l'autre, le théorème sera de facto démontré, mais le fait qu'on ne trouve pas de constructions permettant de le faire ne constitue pas en soi une démonstration. L'absence de preuve n'est pas la preuve d'une absence. Dire qu'il existe quatre classes de cisaillement du tore dans R3, ou dire qu'il n'en existe qu'une sont des conjectures, de simples croyances, en l'état.

Il se trouve que Smale a démontré que le retournement de la sphère était une chose possible avant que Phillips n'en donne la première construction. Cela aurait tout aussi bien être l'inverse. Mais qui aurait aurait eu l'idée de se lancer dans une telle entreprise, allant totalement contre notre intuition géométrique ?

La transformation C permet de transformer une sphère en Cross cap, puis en surface de Boy, via la surface Romaine de Steiner. Voir l'article. Permet-elle de transformer un tore en bouteille de Klein ? Logiquement oui, mais je n'ai pas la réponse toute prête à cette question.

Au passage, pourquoi parler de "plan projectif" ? Les objets (unilatères) montrés sont finis. Réponse de Souriau :

  • Sur un plan on a "la droite de l'infini". On recolle simplement ce plan selon la droite de l'infini.

Laquelle, comme de bien entendu, est une courbe fermée.

Dans le Topologicon on trouve un petit dessin animée, un "feuilletable", qui montre comment un ruban de Mœbius à trois demi-tour peut se transformer en surface de Boy. La dernière image montre cette surface, moins un disque. Il suffit de rajouter celui-ci pour compléter la surface. Une surface de Boy c'est donc une ruban de Moebius plus un disque. Exercice : en vous servant des outils du Topologicon, recalculez alors sa caractéristique d'Euler-Poincaré (qui vaut 1).

Inversement, on pourrait partir du disque et le faire croître, en s'auto-traversant, jusqu'à ce qu'il se recolle sur ce ruban de Moebius à trois demi-tours, ce qui est un autre construction.

J'ai retrouvé les dessins dans la communication de 55 pages que j'avais faite au colloque de psychanalyse Lacanienne d'Aix en Provence (4 et 5 avril 1987), consacré à la "Perversion", et qui figure dans les minutes éditées par ses organisateurs. Je me servirai de ce texte dans un futur document intitulé "JPP chez Lacan".

Première image : le disque en train de se contorsionner.

Image1017.gif (1878 octets)

Ci-après, amorce de la création de l'ensemble d'auto-intersection :

Image1018.gif (2097 octets)

Figure suivante : apparition du point triple :

Image1019.gif (2302 octets)

Je cesse de mettre des ombrages, puisque la surface est en passe de devenir unilatère.

Image1020.gif (1891 octets)

Ci-après, la surface est prête à se recoller sur elle-même, le long de son bord.

Image1021.gif (1634 octets)

Là, on a fait figurer le ruban de Mœbius à trois demi-tours, complètant la surface :

Image1022.gif (1802 octets)

Figure suivante : ce même ruban.

Image1023.gif (1062 octets)

Puis la surface de Boy, entièrement formée. On ne peut dire, par rapport aux images présentées dans le Topologicon, "qu'on la voie par en dessous", une surface de Boy n'ayant ni queue ni tête. Disons que telle qu'elle se présente, on voit son point triple.

Image1024.gif (1263 octets)

Ci-après, son ensemble d'auto-intersection : Image1025.gif (645 octets)

Vous avez donc vu, sous vos yeux, se replier le plan sur sa "droite de l'infini". D'où son nom : "plan projectif", assez bizarre, de prime abord. C'est peut-être la première fois qu'on montre aux gens l'infini d'aussi près.

Ces images avaient été composées il y a une bonne vingtaine d'années et ce site Internet, ou ce cd, offrent enfin une possibilité de les montrer. Le lecteur se demandera peut-être pourquoi elles n'ont pas paru dans "Pour la Science" ou "La Recherche". Ce n'est pas faute d'avoir envoyé des articles à ces revues, mais les rédactions n'ont trouvé le sujet intéressant.

J'espère qu'avec cette "boite à outils géométrique vous allez vous empresser d'inventer des tas de surfaces nouvelles. En voici une, imaginée par Madame Ivars. Prenez une sphère et enfoncez dans deux directions diamètralement opposées, deux segments de même longueur, jusqu'au contact, en imaginant que ceux-ci soient soudés sur deux tiges, comme ceci :

Image1026.gif (834 octets)

Quand les segments arrivent au contact, une "chirurgie s'opère". On a un croisement de nappes, le long du segment, et deux points coniques à chaque extrémité. Ci-après, cette surface, en coupe.

Image1027.gif (1063 octets)

La même, en perspective :

Image1028.gif (1039 octets)

Au rayon outillage pour fabriquer des surfaces, un "élément de plomberie":

Image1029.gif (2053 octets)

Quand on fait pénétrer un fluide par un orifice, faisant office d'entrée, celui-lui ressort en circulant à* l'extérieur* du tuyau de sortie. Mais on peut utiliser la sortie comme entrée. L'effet est alors le même. L'objet est une sorte d'opérateur géométrique transformant extérieur en intérieur.

En refermant ce "raccord" sur lui-même et un obtient une bouteille de Klein :

Image1030.gif (1347 octets)

Mais voici un autre montage :

Image1031.gif (1792 octets)

Le même, en perspective :

Image1032.gif (1787 octets)

La surface est alors bilatère. Laquelle est-ce ?

Par une homotopie régulière, une suite continue d'immersions, on la transforme en ceci :

Image1033.gif (1210 octets)

Vous avez reconnu une boite, munie d'une poignée, mais qu'on ne peut ouvrir que de l'intérieur. On peut alors transformer l'objet. Il suffit de passer une corde par le trou, et de tirer vers soi :

Image1034.gif (1979 octets)

Le résultat est :

Image1035.gif (2262 octets)

C'est un tore.

A vous, maintenant, de vous débrouiller avec le montage ci-après :

Image1036.gif (1616 octets)

fabriqué à l'aide de trois de ces "raccords".

Nous verrons, dans un autre papier, l'utilité de ces "raccords" dans le cas du retournement de la sphère.