Réflexions sur le traité établissant une constitution pour l'Europe
Réflexions sur le traité établissant une constitution pour l'Europe
Je ne suis qu'un simple citoyen de l'Europe d'en bas, et je n'ai de cesse de me battre pour le meilleur avenir de nos enfants. Je ne suis ni irresponsable, ni réactionnaire, mais lucide du monde absurde dans lequel nous vivons et que nous nous apprêtons à céder aux prochaines générations dans une version pire que celle déjà vécue.
Je me devais d'intervenir, dans la mesure de mes moyens, sur l'approbation (car il ne s'agit que d'une approbation, le NON étant blasphématoire) du « Traité établissant une constitution pour l'Europe ». Nous vivons en effet dans une démocratie dapprobation si lon écoute M. Valérie Giscard dEstaing. Je cite : « [ ] si le non lemporte, il faudra faire voter les français à nouveau [ ] » et M. Jacques Delors dapprouver : « [ ] pourquoi pas [ ] »
Evidemment si le oui lemportait, nous serions allés où lon souhaitait nous conduire (brave troupeau), il serait donc inutile de confirmer une position espérée par des chefs dindustrie soucieux de la libre circulation des marchandises (les salariés nétant quune marchandise comme une autre).
Je passerai sur les alinéas d'articles qui sont des faits déjà acquis ou avérés par notre Constitution du 4 octobre 1958 adoptée par référendum du 28 septembre 1958, et ceux gratuits, qui nengagent personne surtout pas leurs auteurs, qui font ronronner nos âmes mais pas bouillir nos marmites ni avancer notre quotidien dans la bonne direction, celle du droit au bonheur (et pas seulement lespérance utopique de celui-ci). Dailleurs le cadre général de ces derniers atteste dune faible volonté à vouloir atteindre leurs objectifs, car il ne sagit pas de respecter de quelconques obligations. Le citoyen européen a le devoir de mourir au champ dhonneur mais nos représentants dissimulés dans leur lointain hémicycle peuvent sabriter sous un parapluie constitutionnel.
Je ne citerai pour cela que l'article I-3-1 : « L'Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples. » Peut-on sérieusement envisager le contraire ? « L'Union a pour but de promouvoir la guerre, ses absences de valeurs et le malheur des peuples. » Cest bien de lécrire, mais cest mieux de sengager en déclarant « LUnion a le devoir de promouvoir la paix » Déclarer seulement « L'Union a pour but » détache notre classe politique de toute responsabilité et de toute culpabilité. On va faire de notre mieux tout le monde peut en dire autant, même ma fille de treize ans.
Article I-3: Les objectifs de l'Union
1. L'Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples.
Déjà commenté.
2. L'Union offre à ses citoyens un espace de liberté, de sécurité et de justice sans frontières intérieures, et un marché intérieur où la concurrence est libre et non faussée.
Comment lUnion pourra-t-elle faire respecter un marché intérieur *avec une concurrence libre *(cest à dire libérale) non faussée alors que règne la plus grande hétérogénéité des droits sociaux entre les états membres. Si des routiers polonais sont payés quatre fois moins que leurs homologues français, en travaillant plus longtemps, qui va-t-on embaucher (et débaucher) ? Quand une société alsacienne propose à neuf de ses salariés (et pas dix pour éviter un plan social) de se décentraliser en Roumanie (candidate à lUnion européenne) pour 110 mensuels, sattend-elle vraiment à une réponse enthousiaste ? Si ce nest pas de la concurrence faussée, quest-ce donc ? Ne serait-il pas mieux que lUnion offre à ses citoyens un salaire décent. Les belles paroles nont jamais nourri laffamé.
3. L'Union oeuvre pour le développement durable de l'Europe fondé sur une croissance économique équilibrée et sur la stabilité des prix, une économie sociale de marché hautement compétitive, qui tend au plein emploi et au progrès social, et un niveau élevé de protection et d'amélioration de la qualité de l'environnement. Elle promeut le progrès scientifique et technique.
Quest-ce donc quune « croissance économique équilibrée » ? Un équilibre correspond à un état physique stationnaire, c'est-à-dire qui ne bouge pas avec le temps (nous sommes déjà en contradiction avec la croissance qui lui est antinomique), où la résultante des actions qui sexercent sur un système (ici la croissance économique) est nulle. Quelles sont ces actions ? Comment annuler leurs effets ? Ce ne sont que des vux pieux très vagues que lon pourra toujours interpréter à sa façon le moment venu. Et je soupçonne (cest lexpérience qui parle) que ça ne va pas arranger nos affaires. Une baisse de la consommation devrait entraîner du chômage (nous lavons assez vécu) et une augmentation de la consommation, loin de récupérer les emplois perdus par de nouvelles embauches, se contente daugmenter le temps de travail (de ceux qui auront conservés leur emploi pour ce temps là seulement, car à la prochaine baisse ) par lintroduction dheures supplémentaires si possible au tarif normal (tiens ça me rappelle quelque chose mais quoi ?) ou de contrats ponctuels à basse rémunération comme dhabitude (mais vous connaissez la chanson). Voilà lanatomie de cette mécanique de croissance économique équilibrée. On connaît déjà, et il faudrait quon la cautionne dans le contexte de lEurope. On nous prend vraiment pour des c
Quant à léconomie sociale, elle représente la partie de lactivité économique assurée par les associations, les coopératives et les mutuelles. Je doute fort que cela soit le sens de larticle puisquil est ajouté le complément « * de marché hautement compétitive* » qui annule de fait laspect de solidarité qui accompagne les associations et les mutuelles. Le terme social est donc un rajout pour adoucir la pilule. Il sagit bien dune économie de marché hautement compétitive, qui fera donc plus de chômeurs (ou de salariés à bas pris), plus de précarité demploi, dinjustices sociales plus de malheurs quotidiens face auxquels les citoyens européens, nappartenant pas à la classe dirigeante, aux lobbies industriels ou aux nanties people de nos sociétés, nauront dautres choix que de courber léchine ou de provoquer la pire des révolutions que lhumanité ait connue (cest finalement peut-être ce quil faut espérer avec une victoire du OUI). Il eut été préférable de nous proposer, et dimposer, une économie planifiée. Mais une telle économie va à lencontre des intérêts des compagnies privées qui font du chiffre sur le dos de lEurope
Les experts nous parlent déconomie comme sil sagissait dun fléau naturel que lOMC (Organisation Mondiale du Commerce) serait chargée de contenir et que le FMI (Fonds Monétaire International) ou le Fonds Structurel (son équivalent européen) oeuvreraient pour en limiter les dégâts (de préférable chez les plus démunis car ils nont pas les moyens de se plaindre et de réagir). Il faudrait peut-être leur dire quil sagit dun phénomène artificiel dorigine humaine, que certains provoquent (les plus riches) et que dautres subissent (les plus pauvres). Ne faisons pas de lEurope un satellite du Jupiter des marchés financiers, la Banque Centrale Européenne, qui paradoxe parmi les paradoxes est compétente pour toutes les décisions financières de lEurope (attribution des prêts européens, taux dintérêt, reconsidération des dettes, les plans financiers européens, la politique dinvestissement ) sans avoir délus et fonctionnant comme une société privée. Cela signifie que nos impôts européens (on en parle déjà, mais peu à cause des effets de rejet sur le prochain vote) seront utilisés et gérés par un organisme privé pour son intérêt propre (personne ne pourra me faire croire le contraire quand on connaît les banques) et qui naura de compte à rendre quà son conseil dadministration (on croit rêver mais non cest bien lEurope de demain).
Nous avons souligné plus haut quune économie de marché hautement compétitive est en complète contradiction avec le progrès social (le meilleur exemple étant la délocalisation des emplois et des moyens de production). Ladverbe « hautement » implique quà coup sûr des indicateurs économiques (destinés à mesurer le profit) seront utilisés pour apprécier qui devra vivre et qui devra mourir parmi les citoyens européens qui composent les entreprises. Et que dire de ladjectif « compétitive », vis-à-vis de qui ? La Chine et les autres nations du continent asiatique, ou les états membres (notez au passage que lUnion concerne des états et non des nations, ce qui exclut littéralement les peuples) entre eux. Pour ces derniers lUnion serait alors le lieu dune nouvelle forme de cannibalisme, où les entreprises sentredévoreraient pour leur unique objectif « le profit maximal », au détriment des réels producteurs de richesses les citoyens européens mis au même rang que des outils toujours façonnés pour une meilleure rentabilité (processus sans fin qui conduira inévitablement à sa perte faute desclaves clients). Si cette concurrence concerne la Chine (et les autres nations du continent asiatique), il faudra consentir à travailler soixante dix heures hebdomadaire (la suppression des trente cinq heures fera plaisir à quelques uns), dormir au sein de lentreprise et voir ses enfants (si on a le temps et les moyens den faire), gardés par leurs grands parents en semaine (en supposant que lespérance de vie dans des conditions de validité minimale le permette), le week-end. Quel progrès social ! Pourquoi ce traité ne proclame-t-il pas le droit au logement décent pour tous, de manger à sa faim, la prohibition de vivre en dessous dun seuil de pauvreté dont le revenu mensuel (un SMIC européen acceptable) devrait être indicé sur le profit réalisé par les entreprises (on nous parle souvent de partage des richesses sans évoquer lindexation sur le profit, qui est pourtant le moyen le équitable mais aussi le moins rentable pour les gros actionnaires et autres chefs dindustrie). Ce nest pas cette Europe là qui nous est proposée ! Ne soyons pas dupes.
Enfin si lUnion promeut le progrès scientifique et technique (quelle grandeur dâme suspecte dans ce contexte !), jy vois les moyens dont elle va se doter pour mieux façonner les outils de production et de consommation que nous sommes (je me disais aussi !).
Article I-5: Relations entre l'Union et les États membres
1. L'Union respecte l'égalité des États membres devant la Constitution ainsi que leur identité nationale, inhérente à leurs structures fondamentales politiques et constitutionnelles, y compris en ce qui concerne l'autonomie locale et régionale. Elle respecte les fonctions essentielles de l'État, notamment celles qui ont pour objet d'assurer son intégrité territoriale, de maintenir l'ordre public et de sauvegarder la sécurité nationale.
Cest la moindre des choses.
2. En vertu du principe de coopération loyale, l'Union et les États membres se respectent et s'assistent mutuellement dans l'accomplissement des missions découlant de la Constitution. Les États membres prennent toute mesure générale ou particulière propre à assurer l'exécution des obligations découlant de la Constitution ou résultant des actes des institutions de l'Union.
Remarquez comme je lai annoncé plus haut que lUnion, nayant aucune obligation, mais seulement des buts (qui nengagent en rien) dont léchec ninduit aucun recours, aucune sanction, se réserve cependant le droit démettre des obligations constitutionnelles que les Etats membres doivent faire respecter. Il sagit là dune démocratie à sens unique.
Article I-6: Le droit de l'Union
La Constitution et le droit adopté par les institutions de l'Union, dans l'exercice des compétences qui sont attribuées à celle-ci, priment le droit des États membres.
La Constitution et le droit adopté par lUnion priment le droit des États membres. Répétez plusieurs fois cette phrase (ou larticle en son entier). On ne parviens pas à sy faire, et demeure et persiste la désagréable sensation de ne plus être maître de son destin (si tant est que nous layons été un jour). Nous nous plaignons parfois du pouvoir centralisé parisien qui méprise la province. Quen sera-t-il à votre avis dun pouvoir plus éloigné et moins accessible. Quels sont ceux qui pourront exercer des moyens de pression sur lassemblée de lUnion et sa concentration de pouvoir (qui prime sur le droit des membres) sur quatre cent cinquante millions deuropéens ? Je gage, sans trop mavancer, quil sagira (en fait il sagit déjà) de sociétés privés constituées en lobbies au seul intérêt de leur profit. Le « marché commun » deviendra un marché organisé par lUnion des frères Rapetout.
Article I-9: Droits fondamentaux
1. L'Union reconnaît les droits, les libertés et les principes énoncés dans la Charte des droits fondamentaux qui constitue la partie II.
Les États-Unis ont ratifié la Déclaration « Universelle des Droits de lHomme » de lONU le 10/12/1948, et son extension lors de la « Déclaration de Vienne » en 1993. Et sans vergogne, ils la violent (assassinats, tortures, viols, humiliations, ) aux yeux du Monde complice, sans recours possible des victimes (les irradiés dHiroshima, les brûlés du Viêt-Nam, les disparus dIrak, les prisonniers dAfghanistan, ). En sont-ils inquiétés pour autant ?
LUnion devrait garantir les droits des citoyens européens plutôt que de seulement les reconnaître, cest comme le « Droit du Travail » qui devient le « droit de travailler » (vous pouvez travailler si vous voulez, on ne vous en empêchera pas mais débrouillez-vous pour en trouver et pour le conserver). Toute notion dobligation a été substituée par celle, plus vague et ambiguë (car il nest pas vraiment écrit ce que lon désire et que lon croit lire), de la reconnaissance des droits (tous les hommes naissent libres et égaux, mais si vous constatez le contraire allez vous plaindre ailleurs, circulez il ny a plus rien à voir).
2. L'Union adhère à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales. Cette adhésion ne modifie pas les compétences de l'Union telles qu'elles sont définies dans la Constitution.
Nallons surtout pas nous engagez dans une guerre de tranchée contre lexploitation de lhomme par lhomme et son contraire (il ne faut surtout pas perturber laccroissement des profits dû au prétexte dun « marché hautement compétitif ». LUnion sest fendue dune adhésion. Elle fait des efforts qui méritent notre pleine approbation ben voyons.
3. Les droits fondamentaux, tels qu'ils sont garantis par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et tels qu'ils résultent des traditions constitutionnelles communes aux États membres, font partie du droit de l'Union en tant que principes généraux.
Daccord, mais ils faut les décrirent et ne pas se contenter dévoquer « des traditions constitutionnelles »
Article I-11: Principes fondamentaux
1. Le principe d'attribution régit la délimitation des compétences de l'Union. Les principes de subsidiarité et de proportionnalité régissent l'exercice de ces compétences.
2. En vertu du principe d'attribution, l'Union agit dans les limites des compétences que les États membres lui ont attribuées dans la Constitution pour atteindre les objectifs qu'elle établit. Toute compétence non attribuée à l'Union dans la Constitution appartient aux États membres.
3. En vertu du principe de subsidiarité, dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, l'Union intervient seulement si, et dans la mesure où, les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être atteints de manière suffisante par les États membres, tant au niveau central qu'au niveau régional et local, mais peuvent l'être mieux, en raison des dimensions ou des effets de l'action envisagée, au niveau de l'Union.
Les institutions de l'Union appliquent le principe de subsidiarité conformément au protocole sur l'application des principes de subsidiarité et de proportionnalité. Les parlements nationaux veillent au respect de ce principe conformément à la procédure prévue dans ce protocole.
4. En vertu du principe de proportionnalité, le contenu et la forme de l'action de l'Union n'excèdent pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs de la Constitution.
Les institutions de l'Union appliquent le principe de proportionnalité conformément au protocole sur l'application des principes de subsidiarité et de proportionnalité.
Cest lauberge espagnole tenue par Kafka ou les Marx Brothers.
Article I-12: Catégories de compétences
3. Les États membres coordonnent leurs politiques économiques et de l'emploi selon les modalités prévues par la partie III, pour la définition desquelles l'Union dispose d'une compétence.
Vous lisez comme moi, je nhallucine pas : « Les États membres coordonnent leurs politiques et de lemploi selon les modalités prévues par la partie III [de la Constitution] ». Alors là, je ne comprends plus. Cette partie III correspond, on nous la assez répété, à ce qui se pratiquait auparavant (M. Valérie Giscard dEstaing nous conseillait même de ne pas la lire (sic) et Jacques Delors dapprouver dun « pourquoi pas »), et sarticule donc autour du traité de Nice (2002) tant décrié par les défenseurs du OUI. Si lessentiel de notre avenir européen, léconomie et lemploi, nest pas amélioré par rapport à lexistant, à quoi sert de dire OUI. Autant attendre une meilleure proposition puisque tout le monde est déjà daccord sur nos principales préoccupations. Nallons pas risquez de les pérenniser. La situation nest pas florissante chez nous et il faudrait la cautionner !
Je fais la même remarque pour larticle I-14-2b qui précise que lUnion est compétente en matière de politique sociale (un autre élément essentiel de nos attentes) pour les aspects définis dans la partie III. Cette insistance à revenir sur ce qui se pratique déjà est très déconcertante. En effet, largumentation principale des tenants du OUI consiste par leurs votes à manifester leur volonté pour se débarrasser du traité de Nice quils retrouveront de toute façon sous une autre forme (on ne vous a pas eu par derrière on vous aura par devant).
Article I-14: Les domaines de compétence partagée
2. Les compétences partagées entre l'Union et les États membres s'appliquent aux principaux domaines suivants:
a) le marché intérieur ;
b) la politique sociale, pour les aspects définis dans la partie III ;
Article I-19: Les institutions de l'Union
1. L'Union dispose d'un cadre institutionnel visant à:
- promouvoir ses valeurs,
- poursuivre ses objectifs,
- servir ses intérêts, ceux de ses citoyens, et ceux des États membres,
- assurer la cohérence, l'efficacité et la continuité de ses politiques et de ses actions.
[ ]
LUnion nous signifie sans ambiguïté la hiérarchie de ses priorités. Elle sert ses intérêts avant ceux des citoyens (il me semble déjà suspect quils puissent être différents surtout dans le cadre dune constitution). La priorité de ses intérêts est dautant plus choquante quelle laisse entendre quils puissent être contradictoires à ceux des citoyens européens.
Article I-54: Les ressources propres de l'Union
1. L'Union se dote des moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs et pour mener à bien ses politiques.
Doù proviendrons ces « moyens nécessaires » sinon de notre porte-monnaie. On nous parle ici, sans le nommer, du prochain impôt européen.
2. Le budget de l'Union est intégralement financé par des ressources propres, sans préjudice des autres recettes.
3. Une loi européenne du Conseil fixe les dispositions applicables au système de ressources propres de l'Union. Il est possible, dans ce cadre, d'établir de nouvelles catégories de ressources propres ou d'abroger une catégorie existante. Le Conseil statue à l'unanimité, après consultation du Parlement européen. Cette loi n'entre en vigueur qu'après son approbation par les États membres conformément à leurs règles constitutionnelles respectives.
4. Une loi européenne du Conseil fixe les mesures d'exécution du système de ressources propres de l'Union dans la mesure où la loi européenne adoptée sur la base du paragraphe 3 le prévoit. Le Conseil statue après approbation du Parlement européen.
Limpôt européen fera lobjet dune loi européenne votée par le Conseil. Quelles seront les modalités de calcul et de versement de cet impôt en fonction de la nationalité des citoyens européens ? Le OUI ne deviendrait-il pas un blanc seing pour nos eurocrates ?
Jacques Delors, lun des plus prestigieux porte-drapeau du OUI, vient de gaffer en déclarant « [ ] il faut dire la vérité aux français. Il existe un plan B pour renégocier le traité si le NON lemporte (sic) » Alors pourquoi sen priver au risque doffusquer M. Valérie Giscard dEstaing bien embarrassé de se trouver ainsi pris en flagrant délit de mensonge (il nous a tellement menti celui-là depuis les avions renifleurs, vous vous souvenez ?).
Jean Ziegler, rapporteur spécial des Nations Unis pour le droit à lalimentation, dénonce dans son dernier livre « Lempire de la honte » lexistence de deux armes de destruction massive : la dette et la faim. Je lui emboîte le pas en y ajoutant une troisième : le mensonge. Il dévaste le cur et la vie des hommes quand il est pratiqué par des politiques qui ont abusé de leur confiance. Il ne leur reste plus alors que le dégoût. Et quand le dégoût enfle et sétend comme une maladie, il se transforme parfois en une révolution. Si jétais sûr quune telle révolution surviendrait, alors je voterais OUI sans une seconde dhésitation. Mais jen doute, le désespoir dilué est un bon solvant de la révolte, celle-ci nétant réservée quaux affamés organisés.
Si je dois me faire violer, je préfère résister plutôt quy consentir. Mon ami le garagiste, à la prose plus directe, me disait : « Si je dois me faire baiser, plutôt tenir mes brailles que baisser mon froc ».
Résumons la situation en peu de mots :
| Voter
| OUI | Voter NON | |
|---|---|---|
| Tout le monde il est beau tout | ||
| le monde il est gentil | Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil aussi. | |
| On applique tout de même ce | ||
| qui se pratiquait avant et que tout le monde conteste, le traité de Nice la partie III du traité. | On continue dappliquer le traité de Nice. | |
| Les députés européens pourront | ||
| voter des lois en ignorant lopinion publique des européens den bas, puisquils ne sont pas élus par eux. | Nos députés nationaux, régionaux et locaux auront toujours intérêt à nous prendre en considération pour espérer conquérir nos prochains bulletins de vote. | |
| Si on nest pas content on | ||
| pourra envoyer des pétitions avec accusé de réception via lInternet. | Si on nest pas content on continuera à le manifester dans la rue. Ce nest pas forcément plus efficace mais ça soulage. | Et puis on passe à la télé et tout le monde voit que ça va mal. |
| On en prend pour vingt ans. | On | |
| a lespoir de mieux défendre nos droits dans le prochain traité. |
René Arnaud
Fonctionnaire au service du citoyen avant celui de lÉtat.